Editoriaux - Histoire - Justice - People - Politique - Table - 12 juillet 2018

Donald Trump chez la reine d’Angleterre : un éléphant au salon de thé ?

Le 13 juillet 2017, Donald Trump était reçu par Emmanuel Macron en grandes pompes à Paris. La veille du défilé, on lui avait fait la totale : tombeau de l’Empereur, passage à Notre-Dame pour Madame accompagnée de Brigitte Macron déguisée en Cicérone, dîner aux chandelles sur la tour Eiffel, histoire de leur en mettre plein la vue, à ces ploucs de Ricains. Le coup de grâce, faut bien le dire, ce fut le défilé du lendemain. Donald repartit chez lui, les yeux remplis d’étoiles, plus nombreuses que sur la bannière américaine. Très bon, ton champagne, anyway, dear Emmanuel, tu ne me feras pas bouger d’un iota ma politique ! Donald Trump est un commercial et on ne lui fait pas signer un contrat en lui offrant un porte-clefs ou un tour de manège gratuit, voire plus. La visite d’État d’Emmanuel Macron aux États-Unis en avril dernier en a été la cruelle démonstration.

Cette année, c’est la Grande-Bretagne qui s’y colle. Chacun son tour. Mais ce ne sera pas la totale. Pas de balade en carrosse dans les rues de Londres. Seulement un thé chez la reine, à Windsor et non à Buckingham Palace, pour Donald et Melania. Service en porcelaine minimum, la pince à sucre pour se boucher les narines. De retour du sommet de l’OTAN, Donald Trump arrive donc ce jeudi au Royaume-Uni où, semble-t-il, il n’est pas le bienvenu pour tout le monde, en tout cas pour la gauche grande-bretonne et ce qu’elle compte d’islamo-compatibles. On va la faire courte : ceux qui vont manifester contre cette visite, la première de Donald Trump en Grande-Bretagne, « c’est contre tout ce qu’il représente, sa misogynie, son homophobie, son islamophobie, sa façon de prendre aussi les migrants pour des boucs émissaires », selon les propos d’une manifestante rapportés par France Info. Sur les quatre jours que Donald Trump passera au Royaume-Uni, il ne sera présent qu’une nuit à Londres pour dormir à l’ambassade. « C’est déjà une victoire de l’avoir fait fuir », déclare, toujours à France Info qui a le chic anglais pour trouver the rihgt man at the right place, un certain Shabbir Lakha qui, par ailleurs, sur les réseaux sociaux, partage son inquiétude qu’un think tank conservateur pro-israélien ait affirmé avoir aidé l’identitaire Tommy Robinson à financer ses frais de justice. Londres est donc une cité ouverte au monde entier, une sorte de tour de Babel des temps modernes, mais interdite au représentant de l’allié indéfectible du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Mais revenons à la tea party. En 2017, Theresa May avait invité le président américain, quelques semaines après son élection, pour une visite d’État. La boulette ! Car la tradition, nous dit-on, veut que les honneurs de la visite d’État ne soient accordés que durant le second mandat. Ce qui n’est pas tout à fait vrai, puisque Kennedy fut reçu à Buckingham Palace en 1961. John Bercow, le président conservateur de la Chambre des communes, avait même déclaré qu’il ne laisserait pas Trump s’adresser aux députés. Comme quoi le tropisme « sinistrogyre » de la prétendue droite n’est pas une maladie que française. Une pétition circula : 1,3 million de signatures. On laissa même courir le bruit que la visite de Trump « embarrasserait » la reine. Bref, la visite d’État tomba à l’eau.

Étonnant, tout de même, cette espèce de snobisme que l’on n’avait pas rencontré lors des visites de Bachar el-Assad et Ceaușescu. A-t-on peur que le président américain mette les pieds sur la table ou tape dans le dos de la reine ? Pourtant, des malotrus, elle en a connu, la reine, en 66 ans de paquetage : les familiarités de Chirac ou de cette icône de Michelle Obama. Pire : la France de Sarkozy, donneuse de leçons, qui oublia de l’inviter au soixante-cinquième anniversaire du Débarquement en Normandie. Alors, un malotru de plus…

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