Donald Trump aura son défilé militaire, tout comme en France…

« Épatant, ce défilé », aurait dit feu Jean d’Ormesson. Donald Trump, lui, s’était dit « ébloui ». Et c’est vrai que nos armées, mais aussi les autres corps en uniforme qui participent depuis plusieurs années au défile du 14 Juillet à Paris – notamment la police nationale -, en avaient mis plein la vue au président Trump, le 14 juillet 2017. Et ça, Trump, il aime qu’on lui en mette plein la vue. Emmanuel Macron, qui avait joué le cicérone durant ce remake en cinémascope d’Un Américain à Paris, pouvait être fier de ses troupes dont il avait pourtant humilié le chef d’état-major, la veille, à l’hôtel de Brienne.

Rentré chez lui, Donald Trump avait dit : « Je veux une parade comme en France. » Un ordre clair et précis, comme on aime les recevoir dans toutes les armées du monde. On dit souvent que la France prend aux États-Unis ce qu’ils ont de plus mauvais, mais avec du retard. Alors, pour une fois, ne boudons pas notre plaisir d’être enviés et, peut-être, bientôt copiés de l’autre côté de l’Atlantique. Un transfert de technologie qui ne coûte rien !

Le 14 Juillet, c’est un truc qui plaît aux Américains. En tout cas, j’ai pu le constater à plusieurs reprises en côtoyant de nombreux officiers servant sous la bannière « Stars and Stripes ». Il y a une vingtaine d’années, alors que j’étais invité à la fête nationale américaine du 4 Juillet – l’Independence Day -, un commandant américain avait eu la gentillesse de me dire, histoire de montrer qu’il connaissait un peu la nôtre, que dans dix jours nous allions fêter, à notre tour, notre Independence Day. Et je lui avais répondu, dans mon anglais approximatif, mais qu’il avait fort bien compris : « France has always been independent! » Il avait été un peu vexé.

Mais son défilé, Trump ne le prévoit pas le 14 juillet – évidemment ! – ou le 4 juillet. Il est question du 11 novembre, ou plutôt autour du 11 novembre, pour 2018 car ce jour-là, le président américain devrait être de nouveau à Paris pour commémorer l’armistice de 1918 avec quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement. Déjà, le 11 novembre, aux États-Unis, est le jour – le Veterans Day– où l’on rend hommage à tous les anciens combattants. Organiser un défilé militaire serait aussi l’occasion d’honorer, dans une même célébration, militaires d’aujourd’hui et militaires du passé, comme l’a expliqué le porte-parole du secrétariat à la Défense.

À bien y regarder, aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de pays dans le monde qui s’offrent un défilé militaire comme le fait la France : la Russie, la Chine, la Corée du Nord… En tout cas, c’est une tradition qui remonte au 14 juillet 1880 à Longchamp, lorsque le président Jules Grévy remit quatre cents drapeaux et étendards aux commandants de régiment de notre armée qui se remettait de la défaite de 1870. Le ministre de la Guerre, le général Farre, à cheval, présenta un dispositif impressionnant au chef de l’État, devant plus de 300.000 spectateurs. En 2017, ce sont environ 4.000 soldats – l’équivalent de quatre régiments – qui défilèrent devant le président américain…

Donald Trump a donc été ébloui. Mais on ignore si le Président français lui a expliqué que, derrière cet appareil impeccable de la parade militaire, se cachaient des trésors d’imagination, d’abnégation, de sacrifices, pour que cette armée continue à accomplir ses missions, dans des conditions toujours plus difficiles, alors que parfois certains blindés ont deux fois l’âge des soldats qui les pilotent, que le taux de disponibilité des hélicoptères est catastrophique, etc. Trump peut être ébloui. Mais nos politiques ont l’impérieux devoir de ne pas s’aveugler…

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