Donald Trump à l’AIPAC : le retour du docteur Folamour ?

Aux USA comme en France, il existe des passages obligés pour tout candidat à la magistrature suprême. Chez nous, le Salon de l’agriculture ; chez eux, les réunions de l’AIPAC, sorte de pince-fesses du CRIF local, là où les impétrants se font sonder le cœur, l’âme, quand ce n’est pas les reins. Bref, il s’agit de savoir qui acceptera, même une fois parvenu à la Maison-Blanche, de faire don de sa personne à Israël.

Hillary Clinton s’y est rendue ces jours derniers, lors du congrès annuel du « machin » en question, se contentant d’un service qu’on pourra qualifier de minimum, un peu comme chez nos fonctionnaires en grève. « Pour la sécurité d’Israël et du monde, nous avons besoin d’une Amérique qui reste un leader mondial respecté, engagé dans la défense et la promotion de l’ordre international. » Voilà qui ne saurait manger de pain. Et la même de réitérer, à propos de l’arlésienne d’un éventuel accord israélo-palestinien, son soutien à une « solution à deux États ». Prise de risque politique minimale, donc.

Donald Trump, lui, était déjà plus attendu au tournant. L’homme est connu pour ses transgressions à répétition. Allait-il à nouveau créer le scandale ? Interdire les Israéliens de sol américain, comme promis à l’égard des musulmans ? Annoncer la construction d’un nouveau mur – comme celui qu’il entend ériger à la frontière mexicaine – entre Brooklyn, traditionnel quartier juif new-yorkais, et le reste de la ville ? Non, bien au contraire.

Ainsi, le pétulant milliardaire affirme sans rire, sous des tonnerres d’applaudissements : « Quand je serai président, il en sera fini des jours où l’on traitait Israël comme un citoyen de seconde zone. » Mieux : « Jérusalem sera la capitale éternelle d’Israël », ce, au mépris du droit international le plus élémentaire, Tel Aviv demeurant pour l’instant l’officielle capitale de l’État hébreu.

Dans la foulée et ne cédant rien à son enthousiasme, le sosie quasi officiel d’un Benny Hill vieillissant, après avoir tenu la politique étrangère de Barack Obama pour une « catastrophe complète », a juré que dès qu’arrivé aux affaires, il « démantèlerait l’accord catastrophique » scellé l’année dernière avec l’Iran. Deux catastrophes d’un coup, semble-t-il. Et peut-être même trois, avec son humble personne qui, en la circonstance, avait endossé les aimables atours de ce docteur Folamour si cher au défunt Stanley Kubrick.

De son côté, Bernie Sanders, pendant démocrate du néo-républicain Trump, tout juif qu’il est, a ostensiblement boudé ce tribunal dînatoire, pour reprendre les mots d’Alain Finkielkraut relatifs à l’annuel buffet traquenard du CRIF.

Certes, il ne s’agit pas non plus de prendre le phénomène Trump, pas plus que celui de Sanders, par-dessus la jambe, ces deux hommes incarnant quelque chose de profond en Amérique. Soit le ras-le-bol des partis institutionnels, sans même compter une certaine et ancestrale défiance vis-à-vis de l’État fédéral.

Il n’empêche qu’il est parfaitement désolant qu’en France, ce Donald Trump ait pu devenir, au même titre qu’une Sarah Palin naguère, la nouvelle coqueluche d’une « droite nationale » française qui, ne sachant plus à quel homme providentiel s’offrir, jupons retroussés jusqu’aux oreilles, n’en finit plus d’en pincer, un jour pour un général de carnaval – Piquemal, Pique-assiettes ou Pic et Poc, on a déjà oublié -, l’autre pour un promoteur immobilier d’opérette à la perruque en stuc, zigomar auprès duquel notre DSK national ferait presque figure de chantre de la carte du Tendre.

Finalement, il n’est pas si mal, ce vieux gauchiste de Bernie Sanders…

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