Discriminer tranquille

Je n’étais pas l’autre soir au Théâtre-Français… Car ma soirée était plus prosaïque que celle de Musset. Mon théâtre était le Parc des Princes, et ma solitude se partageait avec 35.000 autres individus venus bruyamment encourager leurs équipes. Un match de Coupe de la Ligue opposait, ce 16 décembre, Saint-Étienne (ASSE) au Paris Saint-Germain (PSG), deux équipes qui ignoreront toujours de quel pieux patronage sera forgé leur victoire ou leur défaite.

Les minutes se succédaient sans grand enthousiasme ; le jeu était aussi morose que le score. Le seul et unique but, un but de « mort subite », comme les commentateurs disent, fut marqué à la quatre-vingt-sixième minute ! Les adversaires se paralysaient mutuellement… Bref, on avait le temps de laisser vagabonder son regard et de laisser le spectateur se transformer en observateur.

C’est alors que je m’aperçus qu’une équipe, celle du PSG, rompait délibérément avec les codes bien établis du football français : le respect de la diversité (ethnique, s’entend !) y était absente. Pas un black, pas un Arabe parmi les joueurs qui évoluaient sur le terrain. L’entraîneur Laurent Blanc n’avait mis, ce soir-là, que des joueurs éponymes, des joueurs italiens ou sud-américains pour l’essentiel. Pour tout avouer, je n’en revenais pas. Cette simple observation, faite en passant, me fit croire qu’Alain Finkielkraut déplorant, dans un journal israélien, une équipe de France trop « black, black, black », avait enfin été entendu des dirigeants du microcosme footballistique. Quant aux chroniqueurs scandalisés à l’époque par ses propos, ils n’avaient plus qu’à se rhabiller !

Quatre jours plus tard, dans les colonnes du Figaro, Al-Khelaïfi, le dirigeant du club, en remettait une couche et déclarait sans rougir qu’il « n’a jamais vu une équipe aussi soudée », que cette « équipe est bien plus forte que l’année dernière » et qu’elle réalisera « son rêve ultime » – tout gagner, j’imagine.

Il faut, à ce Qatarien de bonne fortune, un culot monstre pour nous imposer et surtout mettre en pratique l’idée qu’une équipe qui gagne est une équipe homogène dont les membres baignent peu ou prou dans des valeurs communes. Admettons que le « black, blanc, beur » ne soit plus la panacée, comprenons que la diversité à tout crin puisse trouver ses limites. Mais qu’adviendrait-il de nos compatriotes d’origine africaine ou antillaise si le scénario du dernier roman de Houellebecq se réalisait et qu’un Président musulman entrait à l’Élysée ?

Les Arabes ont toujours pratiqué distance et mépris à l’égard des Africains. L’histoire de l’esclavage ou l’actualité libyenne le prouvent suffisamment, mais il est de bon ton de l’ignorer aujourd’hui. Les monarchies du Golfe sont gens de bonne sociabilité, hautement fréquentables. Et c’est bien pourquoi ils peuvent tout se permettre sur notre sol, y compris de pratiquer un ostracisme ethnique si ça leur chante !

Allons ! Ne laissons pas dériver notre pensée vers ces sombres perspectives. Après tout, je n’ai saisi, ce soir-là, qu’une situation de jeu, un instantané hasardeux… d’autant plus insolite que l’équipe du PSG compte aussi quelques joueurs de couleur tels Blaise Matuidi et Jean-Kévin Augustin, des joueurs à qui l’on ne souhaite pas de faire de la figuration, voire plus subtilement de servir de caution.

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