Editoriaux - Environnement - 3 novembre 2018

Des étudiants de grandes écoles refusent de travailler pour les entreprises qui polluent

Étudiants de HEC, Sciences Po, Polytechnique, Supélec, Agro… ils sont l’avenir de la France. Mais quoique intellectuels et scientifiques, des décennies de matraquage scolaire et médiatique les ont rendus incapables de faire la différence entre des connaissances basées sur des preuves et des hypothèses catastrophistes pourtant considérées comme indémontrées par des centaines de savants de tous pays et toutes disciplines.

Plus de 20.000 de ces étudiants viennent donc de signer un manifeste « pour un réveil écologique », et de s’engager à ne pas travailler pour des entreprises polluantes. Grosses insomnies chez les dirigeants de Total, Unilever, Procter & Gamble ou des ciments Lafarge !

Et ces jeunes ont plein d’idées, comme partager ses appareils électriques avec ses voisins (pour mon rasoir, ça va être pratique…) ou réduire notre chauffage de 1 °C (ce qui enchantera certainement les 20 % de Français qui ont déjà du mal à se chauffer l’hiver). Interrogé par RTL sur la proposition peut-être maximaliste d’abandonner l’avion, un responsable du manifeste reste quelques secondes sans voix, puis rétorque : « Ben… pour partir à la Toussaint, c’est p’têt’ pas indispensable. » On sent que si on lui proposait un juteux contrat de travail à Shenzhen, il trouverait quand même l’avion plus pratique que la trottinette électrique pour aller le signer…

Grâce à Internet, ces forts en thème approuvés par Cécile Duflot (on s’en serait douté) sont déjà suivis en Belgique, au Canada, au Royaume-Uni, mais aussi par le bidonneur en chef Al Gore himself … la classe ! Et certains sites leur apportent des soutiens franchement gore : « Le prix de la bière va augmenter d’au moins 15 % à cause de la diminution de la production d’orge [due au réchauffement climatique]. » D’ailleurs, le mieux ne serait-il pas de renoncer à avoir des enfants par conviction écologique : « Une étude de 2017 révèle effectivement qu’une famille américaine qui choisit d’avoir un enfant de moins fournit le même niveau de réduction des émissions de CO2 que 684 adolescents qui décident de recycler leurs déchets durant le reste de leur vie. » Et l’empreinte carbone de la fabrication d’une caisse de préservatifs, c’est combien ?

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du sort des condisciples de ces pétitionnaires qui, plus circonspects, ne se hâteraient pas de rejoindre la farandole avec ardeur. Ces écolophobes sans bravitude (comme dirait Ségolène) qui n’intégreraient pas dans leurs équations du troisième degré « la finitude de la planète » (sic) ? Faudra-t-il longtemps pour qu’ils soient ostracisés ? Parce que, comme le disait Roland Barthes, « le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire ».

La jeunesse a toujours besoin de croire en quelque chose, et si possible inatteignable… Au XXe siècle, on disait que celui qui, à vingt ans, n’était pas socialiste était un salaud ; mais que s’il l’était encore à quarante, c’était un imbécile.

Aujourd’hui, on pourrait remplacer « socialiste » par « écolo ».

Commentaires fermés sur Des étudiants de grandes écoles refusent de travailler pour les entreprises qui polluent

À lire aussi

Ces blanches qui se font passer pour noires : snobisme ou pathologie ?

On a même pu voir, aux USA, une fausse Noire prendre la tête de l'Association nationale po…