Editoriaux - Société - 10 août 2018

Des croix détruites au sommet de nos montagnes

Il y a randonneurs et randonneurs. Ceux pour qui les croix érigées au sommet d’une montagne représentent, dans un premier temps, un repère à atteindre et, dans un second, le témoignage de leurs racines chrétiennes. Et il y a ceux pour qui elles s’apparentent à une vision d’horreur.

En 2017, l’un d’eux, journaliste-photographe, catalan, fulminait. Comment, une nouvelle et gigantesque croix catholique en haut du Carlit, « transportée sur place par hélicoptère et érigée par des militaires de l’armée française » avec l’insigne des parachutistes ? Intolérable ! En outre, si cette croix, au moins, se montrait discrète, mais, non ! Du haut de son mètre quatre-vingts, elle le toise, elle le nargue, lui, le citoyen scrupuleux de la laïcité ! Déjà que des croix de seulement quinze centimètres à l’entrée d’un cimetière donnent de l’urticaire à certains qui n’habitent même pas le village. Alors, une croix de près de deux mètres de haut !

Bref, très remonté, ce Georges Bartoli se fendait alors de deux courriers, l’un au préfet du département, l’autre au ministère de la Défense. Un an et demi plus tard, des fous furieux du « principe de laïcité » l’ont fait : sciées avec rage, bazardées avec dégoût dans le ravin, les croix en haut du Carlit et du Cambre d’Aze n’existent plus.

Affreux, n’est-ce pas, après 900 mètres de grimpette, en plein cagnard ou dans le froid, de se trouver nez à nez avec la croix qui nous a guidés jusque-là ! On croyait se reposer un moment à ses côtés, admirer le paysage tout en casse-croûtant son sandwich au saucisson du terroir ? Que nenni ! Selon un guide suisse que les convictions religieuses laïcistes avait poussé à en profaner plusieurs en 2009, sachez-le, assis en bas d’une croix de montagne, c’est son « symbole de mort » que l’on ressent, sa « violence » inouïe, et même le « pouvoir de l’Église » qui nous accable : rien de moins ! Heureusement pour lui que le ridicule ne tue pas.

Les croix sommitales ? Une tradition montagnarde, qui prendra racine entre 1850 et 1950, d’abord dans les Alpes, ensuite, particulièrement ancrée, dans les Pyrénées-Orientales. Pyrénées-Orientales où, chaque année, se pressent 25.000 pèlerins-randonneurs au sommet du pic du Canigou et sa célèbre croix, montagne sacrée des Catalans. Celle-ci dérange-t-elle Georges Bartoli ? Pas du tout car elle « fait partie de l’histoire, personne ne la conteste ». Mais des croix érigées maintenant n’en feraient plus partie, de notre histoire ?

Donc, si on comprend bien ce partisan de la laïcité forcenée, l’Histoire, les traditions, c’est bien, à condition… de ne pas les perpétuer ! C’est vrai, nous vivons dans un « nouveau monde », aime à répéter un certain Président. Mais alors, toutes les autres croix récemment érigées et trônant encore fièrement en haut de nos sommets ont du souci à se faire…

Mais que pense-t-on de ces croix assassinées du côté du clergé, du moins de certains de ses représentants ? Norbert Turini, l’évêque de Perpignan-Elne, s’enquiert presque malicieusement :

« Si la République se sent offensée par ces croix, je lui en demande pardon. Mais qui va demander pardon aux catholiques et plus largement à tous les chrétiens qui reconnaissent dans la croix le symbole de leur foi ? »

Eh oui, qui ? Certainement pas les enragés de la laïcité, beaucoup moins prompts à se mobiliser quand il s’agit des signes ostentatoires d’une autre religion… Et certainement pas Georges Bartoli, qui ferait mieux de bannir les randonnées en montagne de ses loisirs. Il va se faire du mal, à force de tomber sur des croix en haut des sommets…

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