Editoriaux - Médias - Société - 16 juin 2018

Italie : derrière l’Aquarius, c’est un combat sociétal qui se joue !

L’Aquarius, emblème de cette inédite capacité de résistance du peuple italien à la pensée conformiste, aura focalisé toute l’attention des médias internationaux. Moins médiatique et pourtant cruciale, une autre bataille se livre au sein même du pays : celle des défenseurs de la famille traditionnelle.

Il n’existait plus de ministère attribué aux familles depuis 2008 en Italie. Le nouveau gouvernement l’a rétabli le 31 mai dernier : la famille est redevenue un sujet. La nomination de Lorenzo Fontana au ministère de la Famille et du Handicap est un signal fort ; ce père de famille de 38 ans, ancien député européen et vice-président de la Ligue, est un catholique convaincu. Dès sa nomination, il a annoncé d’emblée son intention de prendre des mesures pour relancer la natalité italienne et de défendre la liberté d’éducation des familles. C’est un farouche adversaire de l’enseignement de la théorie du genre.

Dans un ouvrage récent, Le berceau vide de la civilisation. À l’origine de la crise, il fustige les unions de même sexe, la mondialisation, la submersion migratoire – autant de dangers qui guettent l’Italie et l’Europe. En mars dernier, il participait à la Marche pour la vie à Rome. À présent, il souhaite mener un programme pour faire baisser le nombre d’avortements, « première cause de féminicides ».

Sujet ô combien sensible dans ce pays qui a le plus faible taux de natalité en Europe (1,37 enfant par femme) et où les médecins refusent, à plus de 70 %, de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse.

Lorenzo Fontana n’a peur de rien : il dénonce la franc-maçonnerie à l’œuvre et se pose en adversaire des mouvements LGBT, qui le lui rendent bien. C’est à l’occasion de la Gay Pride du week-end dernier, à Rome, que les hostilités ont démarré ; accusé d’avoir affirmé que les familles homosexuelles n’existaient pas, Lorenzo Fontana ne s’est pas démonté : « Elles n’existent pas au sens de la Constitution. » Et il a raison, car si l’Italie reconnaît l’union homosexuelle, elle n’a pas, pour l’instant, légalisé le droit à l’adoption pour les couples de même sexe.

Les pressions contre ce ministre taxé d’« homophobie » se sont multipliées, au point de provoquer un léger recul de Matteo Salvini : « Fontana est libre d’avoir ses idées, même si elles ne sont pas dans le contrat gouvernemental. Ce qui y est inclus, c’est le soutien aux familles qui veulent plus d’enfants. »

Réaction compréhensible dans ce contexte ultra-tendu que connaît l’Italie avec ses voisins européens, d’autant plus que les questions sociétales ne sont pas la priorité du Mouvement 5 étoiles, codirigeant du pays.

Interrogé, lundi 4 juin, par le quotidien Il Tempo, Lorenzo Fontana reconnaissait lui-même que « la question sociétale n’est pas au programme du gouvernement » mais n’en démord pas : « La fureur de certaines idéologies relativistes dépasse les limites de la réalité. » Il rassure sur sa détermination à défendre la famille traditionnelle et va même jusqu’à citer le pape saint Pie X qui désignait « l’ennemi » : « Il vous appellera papiste, indifférent, impérissable, clérical, soyez fier ! »

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