Editoriaux - Société - 5 octobre 2018

Dernière lubie des féministes : la galanterie est un mythe à déconstruire

La dernière lubie de deux féministes ? Parce que la galanterie masculine serait un « mythe » concourant à l’asservissement de la femme, il faut le « déconstruire ».

L’une a presque 50 ans, l’autre 90 : Laure Murat et Michelle Perrot, sur France Culture, sont venues dire à quel point les femmes appréciant la galanterie française se fourvoyaient. Sachez, charmantes demoiselles et gentilles dames, qu’un homme qui « vous ouvre la portière et vous donne des fleurs » ne vous accorde pas plus d’importance qu’à lui et ne vous place pas au centre de son attention, mais que c’est « toujours une manière », pour lui, de vous « mettre de côté ».

L’amour courtois du Moyen Âge, en opposition aux pratiques rustres d’hommes mal dégrossis, tout ça les débecterait donc, les Murat et Perrot. Avoir troqué le mâle fruste qui se fichait royalement du bien-être des femmes contre l’homme emprunt de bonnes manières qui la révère, quelle insupportable « construction sociale » ! En somme, pour ces péronnelles… quelle odieuse évolution !

Mais c’est quoi, leur problème, à ces féministes ? Si, en tant que spécialistes de l’étude du genre, elles ont une dent contre les hommes, qu’elles n’en dégoûtent pas les autres ! Parce que la galanterie, c’est quand même mieux que la muflerie. Entendre un compliment élégamment tourné dans la bouche d’un homme bien élevé, c’est quand même autre chose qu’un « elle est bonne, la meuf » émanant d’un jeune, le futal en bas des fesses, non ?

Et puis, la galanterie ne traduit pas seulement le style de séduction dû à une bonne éducation. Elle est signe d’intelligence, de raffinement qui entend mater, dépasser ses instincts les plus triviaux. La galanterie, c’est aussi le désir tout en délicatesse et retenue, tout le contraire de ce que subissent les femmes quotidiennement dans certains quartiers, dans la rue, dans le métro. C’est drôle, d’en vouloir à un homme qui, de sa veste, réchauffe les épaules d’une femme, et occulter superbement, dans le même temps, les multiples « forfaits » commis par d’autres…

On serait « un petit peu empoisonné en France par cette idée de galanterie », « il ne faut pas s’emprisonner dans des stéréotypes, des préjugés et des représentions », assène la nonagénaire. Mais qui est emprisonnée dans les siens, alors que la lutte de l’immense majorité des premières féministes n’a rien eu à voir ni avec une déconstruction, ni avec une volonté de bannir l’altérité, mais réclamait simplement et légitimement l’égalité en droit ? Ces féministes-là, en ne reniant pas l’altérité entre les sexes, prouvaient que les hommes n’étaient pas leurs ennemis…

Avec ces féministes pontifiant sur France Culture, les femmes doivent donc se casser les reins et se mettre du cambouis plein les mains à changer le pneu crevé de la voiture pendant que leur bonhomme les regarde (goguenards !), en se tournant les pouces. Vachement galant, hein ? L’essentiel, n’est-ce-pas, pour la femme du XXIe siècle, c’est de bien montrer au mâle qu’elle n’a pas besoin de lui, qu’il ne lui est plus indispensable ; la preuve par la PMA, y compris pour celles qui ne sont pas homosexuelles : quelle tristesse et quelle c…

Mais, après avoir bien tapé sur la galanterie et enjoint à tout déconstruire, pour la vieille féministe, cela « ne veut pas dire que les rapports entre les hommes et les femmes ne doivent pas être pleins d’amour, de tendresse, de taquinerie, etc., bien sûr ». Sans galanterie, à part la vulgarité et la goujaterie, je ne vois pas… et Michelle Perrot, au crépuscule de sa vie, sans plus d’explication sur la question, d’évidence… non plus !

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