Chômage

La dernière farce de François Hollande : un milliard d’euros… pour ne pas se représenter !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

C’était au soir du 31 décembre 2015. François Hollande, présentant ses vœux aux Français, annonçait un nouveau plan massif de retour à l’emploi. « 500.000 formations » qui allaient enfin assurer – promis, juré, craché par terre – l’inversion de cette fameuse courbe du chômage au bout de laquelle se tortillait sa réélection comme un gardon suspendu à l’hameçon. Coût : un milliard d’euros.

À un an des élections, il fallait se dépêcher d’agiter les vases communicants. Je veux dire par là recourir une fois de plus à l’un de ces tours de passe-passe qui consiste à déguiser les chômeurs en stagiaires, histoire de les sortir des statistiques. Notez bien, la manœuvre n’est pas nouvelle. Je me souviens de son ami Jospin, le candidat malheureux de 2002, qui prit aussi une belle initiative durant le congé de Noël. Le chômage, déjà… J’étais alors à La Réunion quand nos concitoyens d’outre-mer ont reçu ce joli cadeau dans leurs savates deux doigts (les tongs locales) : tout chômeur de 50 ans et plus percevrait à vie une indemnité correspondant au RSA actuel à condition qu’il s’engage à ne jamais rechercher de travail. Le revenu universel avant l’heure, et autant de moins dans les statistiques du « non-emploi ». Parce que des chômeurs, hein, ce n’est pas ce qui manque dans nos îles du bout du monde…

Jospin prit une gamelle et se retira dans son ermitage rétais. Hollande a vu plus grand : nous allons offrir un avenir à « 500.000 personnes de plus » qui « seront accompagnées vers les métiers de demain », dit-il ce soir-là. De quoi compléter le « dispositif d’urgence » lancé en 2013 à grand renfort d’« emplois aidés » et autres fumeux « contrats de génération ». Objectif : atteindre le million de personnes en formation de façon à ce que ce million disparaisse de la catégorie A de Pôle emploi pour se retrouver dans la marmite des catégories D et E, condition sine qua non du « miracle » qui devait permettre à Hollande de se représenter. Urgence il y avait, en effet, mais surtout pour lui-même.

Bilan de l’opération ? Un fiasco ruineux.

Le résultat ayant été aimablement communiqué à un journaliste des Échos, on en connaît aujourd’hui le détail. Scandaleux : un milliard d’euros jetés par les fenêtres. « Le taux d’accès à l’emploi dans les six mois suivant la sortie de formation a fait du surplace », écrit le quotidien, et pire que cela : le taux « mesurant l’accès à l’emploi dit durable [CDI ou CDD de plus de six mois] a même reculé » d’un point en 2016. La raison, selon Les Échos, tiendrait au fait que les personnels de Pôle emploi étaient sommés de caser en formation le plus grand nombre possible de chômeurs non qualifiés sans avoir le temps d’affiner les profils et, surtout, de mettre en adéquation les formations proposées et les besoins des recruteurs. Le Canard enchaîné l’avait déjà révélé à l’époque :

« On proposait n’importe quoi du moment qu’on pouvait en profiter pour les enlever de la catégorie A de Pôle emploi. »

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Le coût humain de cette politique indigne conduite par François Hollande est, durant son mandat, une hausse du chômage de 18 % dans la catégorie A et 24,7 % dans les trois catégories A, B et C.

Ces magouilles, comme on le sait, ne lui auront servi à rien puisque le 1er décembre 2016, entraîné dans le scandale de ses confessions à deux journalistes du Monde, François Hollande annonçait officiellement qu’il ne serait pas candidat en 2017.

Avec un tel bilan, la dignité aurait voulu qu’à l’instar d’un Jospin, cité plus haut, il se retirât de la politique. Mais non. Il veut encore donner des leçons !

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