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Délégué CGT d’Air France licencié : faut-il vraiment s’en réjouir ?

Militant associatif et auteur

Fondateur de Riposte Laïque

 

Le jour même où la loi Travail de Myriam El Khomri était officialisée par le Journal officiel, on apprenait que le ministère du Travail avait validé le licenciement du délégué CGT d’Air France, Vincent Martinez, suite à la désormais célèbre affaire de la chemise arrachée du DRH Xavier Broseta.

Les faits remontent au 5 octobre 2015. Les pilotes d’Air France ayant refusé des aménagements de leur grille de travail, la direction avait décidé, de manière fort provocatrice, de présenter, en représailles, un plan social particulièrement violent, avec 2.900 suppressions d’emploi.

Naturellement, cette annonce avait mis le feu aux poudres, et provoqué une réaction violente des membres les plus déterminés du personnel, sans doute encouragée en sous-main par les organisations syndicales. On avait frôlé le pire, et il avait fallu exfiltrer deux membres de la direction, chemise arrachée. Quatre salariés de base ont déjà été licenciés, mais l’inspection du Travail avait contesté la faute reprochée au délégué CGT, Vincent Martinez. Myriam El Khomri – qui ne bouge pas une oreille sans l’accord de Manuel Valls – a donc pris une décision très politique.

Au-delà des méandres juridiques de cette affaire, une question de fond se pose : faut-il se réjouir de cette décision du gouvernement socialiste et du Premier ministre, qui, dès que cette affaire a été connue, a réclamé des sanctions exemplaires contre les coupables ?

Certes, il est facile, devant son ordinateur, de condamner des salariés qui, parfois le dos au mur, utilisent la violence pour répondre à une agression ; et priver un salarié, qui n’a que sa force de travail pour vivre, de son emploi en est une. Quoi qu’en pensent les Bisounours (et je ne parle pas, ici, des petites entreprises, croulant sous les charges, où souvent le patron fait des semaines de 80 heures pour assurer les fins de mois de ses salariés), les rapports sociaux ont, historiquement, toujours été violents, et marqués par des rapports de force qui ne se règlent pas toujours pacifiquement.

L’auteur de ces lignes, dans le syndicat du Livre CGT, a parfois participé, lors de ses activités, à des actions qui ont été profitables au salariat mais qui, avec les arguments de Manuel Valls, auraient pu valoir le licenciement de nombre de militants, parmi les plus déterminés du mouvement social.

Or, dans une période où le chômage de masse explose, où 500.000 emplois détachés de salariés étrangers, qui ne paient pas de charges sociales en France, selon Nicolas Dupont-Aignan, s’implantent en France, où la concurrence libre et non faussée voulue par l’Union européenne tire vers le bas les acquis sociaux, où la loi El Khomri va permettre à des accords d’entreprise de se substituer à des accords de branche, où les islamistes infiltrent nos entreprises, faut-il vraiment se réjouir de cette décision politique, quoi qu’on pense, par ailleurs, de la politique de la centrale dirigée par Philippe Martinez ?

Même si je ne suis peut-être pas le plus objectif pour évoquer cela, ayant été syndiqué à la CGT pendant 38 années, avant d’en partir, exaspéré par la politique immigrationniste de la direction confédérale, sa connivence avec l’islamisation des entreprises, ses opérations Palestine, sa chasse interne aux patriotes et son appel à voter Hollande en 2012, il faut simplement faire remarquer que la culture de l’excuse, souvent mise en avant par cette gauche vis-à-vis de la violence des racailles islamisées, n’est pas de mise pour défendre un syndicaliste.

On imagine simplement ce qu’aurait été la réaction du Parti socialiste si cette décision avait été le fait d’un gouvernement de droite…

Fondateur de Riposte Laïque

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