Editoriaux - Justice - Religion - Table - 17 mai 2015

Qui défend Zineb, mise à pied par Charlie ?

Une journaliste de Charlie Hebdo est menacée de licenciement pour faute grave ! Son nom : Zineb El Rhazoui. Aussitôt, les réactions de soutien ont fusé.

La direction de Charlie Hebdo ne dit mot – liberté d’expression oblige – de la mise à pied de sa spécialiste des… religions, Zineb El Rhazoui, pour (excusez du peu) faute grave pouvant entraîner son licenciement ! Alors qu’elle est, depuis l’attentat, menacée de mort par des islamistes parce qu’elle est – depuis 2011 et les printemps… arabes – membre de cette rédaction ! Motif de cette procédure ? Inconnu : bonne pour les autres, la transparence « charliesque » reste… opaque. Mais cette démarche, selon Le Monde, « intervient sur fond de tensions entre la direction et les journalistes qui souhaiteraient devenir actionnaires : “Je suis choquée et scandalisée qu’une direction qui a bénéficié d’autant de soutien après les attentats fasse preuve d’aussi peu de soutien envers un de ses salariés […] objet de menaces”, a réagi l’intéressée. »

Que voulez-vous ? 30 millions d’euros offerts par les Français touchés par la grâce de « l’esprit du 11 janvier », cela crée assurément des « tensions » ! Onze collaborateurs dont deux grosses pointures, le Dr Pelloux et le dessinateur Luz, ont réclamé (les mesquins) « une répartition égalitaire du capital ». Mais les « capitalistes » – héritiers de Charb : 40 % ; Riss, directeur de la publication : 40 % ; et Éric Portheault, directeur général : 20 % – ont perdu la clef de la cassette : « Pauvres de nous ! Partager notre richesse, vous n’y pensez pas ! Les pauvres ne connaissent pas leur bonheur ! »

Dès connue la menace contre Zineb, les déclarations côté PS ont fusé :

– Manuel Valls, Premier ministre : « Les attaques personnelles […] sont insupportables ! »

– Michel Sapin, ministre des Finances : une femme « qui a une couleur de peau et […] qui porte un nom. Ce n’est pas par hasard. C’est une sorte d’appel aux plus bas instincts. »

– Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire : « … attaquée pour la couleur de sa peau […] c’est légèrement xénophobe. Et c’est extrêmement dangereux… »

– Bruno Le Roux, président des députés PS : une femme issue « de la diversité », c’est « minable : je ne sais pas si c’est légèrement xénophobe mais je me doute qu’il y a un peu de ça »…

– Christiane Taubira, ministre de la Justice : « Ils courent après les mêmes chimères avec la même hargne. Nous, avec la même superbe, les regardons de haut. »

Oh, en parlant de Mme Taubira, cela me revient : veuillez m’en excuser, toutes ces déclarations ne défendaient pas Mme Zineb El Rhazoui mais précisément Mme Taubira et sa « collègue » du gouvernement Mme Najat Vallaud-Belkacem. C’étaient les réactions virulentes ayant fait suite à la petite, toute petite phrase de M. Sarkozy : « Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira est en passe d’être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem. »

En revanche, pour Mme Zineb El Rhazoui, à ce jour, aucune réaction à gauche : pour eux, quand il s’agit d’argent… Pouah !

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