Défaite de Podemos : l’oligarchie exulte, mais le peuple devrait exulter aussi

Écrivain et journaliste espagnol
El Manifiesto
 

La Bourse espagnole a ouvert lundi dernier en montant de plus de 3 %, tandis que tous les médias du Système se réjouissaient de la défaite électorale de Podemos, dont les sondages avaient prévu une victoire qui en aurait fait la deuxième force politique de l’Espagne par-devant le Parti socialiste. Or, la victoire n’est pas arrivée et ils sont restés les troisièmes, malgré (ou peut-être à cause de ?) leur alliance avec les communistes purs et durs d’Izquierda Unida.

Les tenants du Système exultent donc devant la reculade d’un parti qui semblait vouloir mettre en danger leurs politiques et leurs privilèges économiques (quelques exemples : opposition résolue de Podemos au TTIP avec les États-Unis, mesures prises par les maires de Podemos à l’encontre des fonds vautours dans l’immobilier, tout comme à l’encontre – c’est du jamais vu – du tourisme qui détruit une ville comme Barcelone, etc.). Or, si les tenants du Système exultent, le peuple devrait se réjouir tout autant, quoique pour des raisons bien différentes.

Le peuple… À supposer qu’il existe encore, le peuple. En Espagne, surtout, où il est presque englouti par des masses amorphes et privées de ressort. Privées surtout de cette « décence commune » dont parlait George Orwell et qui constitue une des raisons du populisme cher à des auteurs comme Jean-Claude Michéa ou Alain de Benoist. Mais si le peuple existe et que son signe est la décence commune – ce socle fait de sens de l’honnêteté, de la famille, du travail bien fait, du legs de nos ancêtres, de l’espace en commun appelé nation… –, il faut bien reconnaître, alors, que c’est « l’indécence commune » qui est le signe de Podemos et de toute la mouvance qui voltige autour de lui.

Qui sont les gens de Podemos, quels principes les guident, quelle est la mouvance que tout cela compose ? Elle est composée de squatteurs de tout poil, d’anciens terroristes de l’ETA reconvertis aux prébendes du pouvoir, de féministes enragées, de partisans et partisanes, de pratiquants et pratiquantes (ne jamais oublier le féminin !) de la « théorie du genre » et de toutes les dissolutions nihilistes en général, tout comme d’individualistes et d’a-historicistes à tous crins, ainsi que de partisans et partisanes d’ouvrir grand les portes à l’immigration de peuplement… Comme voudraient les ouvrir les « mairesses » de Madrid et de Barcelone (interdit de les appeler « maires » !) qui font flamboyer un grand écriteau sur la façade de leur mairie : « Refugees Welcome ! » Un écriteau qu’un mouvement identitaire parvint à remplacer pendant quelques heures à Madrid. Sur la nouvelle affiche, on pouvait lire : « Espagnols Welcome ! »

Si Podemos n’a pas obtenu la victoire escomptée, est-ce à cause de cette idéologie libertarienne qui, du point de vue sociétal, en fait un des plus grands tenants du Système ? Nullement, car l’idéologie du nihilisme, de l’individualisme et du matérialisme est partagée, quant à l’essentiel, par tous les autres partis présents au Parlement – les outrecuidances, certes, en moins.

Quelle est, alors, la raison d’une défaite (en réalité, une stagnation) qui n’est telle que par rapport aux expectatives suscitées ? La principale raison en est, sans doute, la crainte des braves gens face à l’inconnu. Une sorte de réflexe conservateur qui leur a fait voter, sans aucun enthousiasme, bien sûr, pour un mal déjà connu, plutôt que de se risquer dans des aventures comme celle de la malheureuse Venezuela. Cette Venezuela de Chávez et, aujourd’hui, de Maduro qui affronte le peuple dans les rues et dont le financement, largement accordé pendant des années à Podemos, s’est finalement avéré, pour eux, un véritable cadeau empoisonné.

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