Audio - Editoriaux - Entretiens - Sport - 7 février 2018

« Pas de résilience face à la neige… »

Comment expliquer que quelques centimètres de neige puissent causer une telle pagaille ?

Pour Jean-Yves Le Gallou, si les services publics et l’État sont dépassés, plusieurs facteurs cumulés sont en cause. Il les analyse au micro de Boulevard Voltaire.

Jean-Yves Le Gallou, il neige en France comme pratiquement tous les hivers… et pourtant on l’impression comme tous les ans que les services publics semblent un petit peu dépassés par les événements.
Avez-vous une explication à cela ?

Il y a deux explications, une indulgente et une autre qui l’est moins.
L’explication indulgente est qu’il est difficile de demander à la fois aux services publics et même aux particuliers de s’équiper complètement pour faire face à des événements qui arrivent 2 ou 3 jours tous les 2 ou 3 ans. On peut donc comprendre que les véhicules des particuliers ne soient pas tous équipés de pneus neige. C’est une des causes des blocages routiers.
L’explication un peu moins indulgente est qu’il y a une espèce d’incapacité à s’adapter et à faire face à l’adversité et je crois à un certain laisser-aller. Une partie du problème dans les transports publics est qu’il manque de conducteurs de trains et de bus, tout simplement parce qu’un certain nombre de gens n’ont peut-être pas fait tout l’effort qu’ils auraient pu faire pour se rendre sur leur lieu de travail.
Il y a aussi l’absence d’initiative. Quand il neige, il faut peut-être se lever un peu plus tôt pour saler les escaliers qui permettent d’accéder au métro par exemple. Manifestement, tout cela n’est plus du tout dans l’air du temps.
On pourrait également ajouter, le principe de précaution. Il est présent de plus en plus dans les entreprises et les services publics. Dès que les gens perçoivent le moindre danger, ils s’abstiennent de faire les choses.
Tout cela cumulé aboutit à cette espèce de grande pagaille ou de paralysie lors d’événements qui ne sont quand même pas des catastrophes de grande ampleur.

Les Canadiens qui affrontent un hiver très rigoureux tous les ans regardent souvent la France en se gaussant en disant qu’avec quelques jours de neige par an, nous n’arrivons pas à les surmonter.

Oui, mais c’est très largement une question d’équipements. Si vous avez des pneus neige, des chaussures de montagne et un blouson chaud, vous serez beaucoup plus à l’aise que si vous avez des petites talonnettes, des pneus d’été et un jean. C’est une question d’adaptation. Ce qui est sûr c’est qu’apparemment on ne sait plus très bien s’adapter.
Il y a un mot que l’État, les administrations et les gouvernants adorent et utilisent à tort et à travers. C’est le mot résilience. Il s’agit de la capacité à faire face à des circonstances difficiles ou imprévues. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ il suffit qu’il fasse -1°C à Paris pour qu’il n’y ait plus de résilience.

Si je comprends bien l’homme urbain, contrairement à nos compatriotes des zones montagneuses, préfère « subir » pendant les deux jours de neige par an plutôt que de trouver une solution pérenne.

Oui. Et il n’y a pas une grande volonté de faire ce que l’on a à faire malgré les circonstances et l’adversité, qui reste très relative encore une fois.

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