Editoriaux - Médias - Presse - Société - Supplément - 19 septembre 2017

Quand de l’acide se transforme en eau bénite, nos médias n’en parlent pas…

Nous vivons une époque formidable !

Jamais, sans doute, au nom du vivre ensemble, nos sociétés n’ont été si proches des pourtant si lointains temps préhistoriques où l’homme était un loup nécessaire (aussi bien que contingent, d’ailleurs) pour l’homme. C’est vraisemblablement ce que nos bien-pensants appellent le « progrès ».

Deux étudiantes américaines venues rejoindre des amis compatriotes à Marseille, le temps d’un week-end, ont été aspergées d’acide chlorhydrique.

Selon France 3, relayant une source policière, les deux jeunes femmes « se trouvaient dans le hall de la gare avec deux autres Américaines quand, vers 9 heures, une femme “a aspergé les yeux des gens qui se trouvaient à proximité d’elle” avec de l’acide ».

À l’implicite question qui brûlait aussitôt les lèvres, il a été quasi immédiatement répondu, presque de manière « pavlovienne », que « l’agression n’a pas de “caractère terroriste”, selon la source policière, et l’auteure (sic) n’aurait pas ciblé les touristes en raison de leur nationalité. »

Interpellée et placée en garde à vue, elle aurait des « antécédents de suivi psychiatrique », selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux (source : LCI, 18 septembre).

Et si (une fois n’est pas coutume) c’était vrai ?

Le quotidien régional La Provence du 17 septembre prend même le soin gourmand de préciser que l’auteur des faits « est restée sur place après son geste et a exhibé des photos d’elle-même la présentant avec des brûlures ». A priori, en effet, rien à voir avec un « kamikaze mahométan ».

Navrant mais banal fait divers comme on en recense journellement dans la presse quotidienne régionale qui, sans ces sempiternels marronniers des chiens et chats écrasés, aurait, depuis des lustres, montré leur foncière inutilité journalistique. Grâce à ce voyeurisme à deux sous, seule leur nullité surnage…

Heureusement, d’autre médias, guère plus ou mieux informés mais assurément plus honnêtes, ont apporté un supplément d’âme à cette information finalement assez dénuée d’intérêt.

Ainsi, l’on apprend par l’entremise du site catholique Le Salon beige, qui se livre à de toujours pertinentes revues de presse, que, selon le média russe francophone Russia Today France, nos deux malheureuses victimes « ont demandé sur leurs pages Facebook que des prières soient adressées à leur assaillante afin qu’elle guérisse », l’une d’elle ayant même déclaré « qu’elle priait pour que l’assaillante soit guérie de sa maladie mentale au nom de Jésus […] Le pardon et le salut ne peuvent venir que de Lui. »

Il est symptomatique que ces propos n’aient nullement été relevés par la presse « mainstream » précitée.

Outre que leur profonde signification spirituelle échappe totalement aux pigistes et autres laborieux plumitifs formatés et sous-payés des rédactions parisiennes, il est à craindre que leur portée soit tout aussi inaccessible à la majorité de nos contemporains anthropologiquement modifiés par l’infantilisme, le nihilisme et le consumérisme.

Quand de l’acide se transforme en eau bénite, nos médias n’en parlent pas, perdant ainsi une occasion – si insigne soit-elle – de réenchanter le monde là où ils passent le plus clair de leur temps à le travestir et à falsifier la vérité.

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