Discours - Editoriaux - Histoire - Presse - Radio - Sport - Table - 17 juin 2018

De Gaulle, le 18 juin et la radio

Le dimanche 16 juin 1940, le général de brigade « à titre temporaire » Charles de Gaulle revient d’une mission à Londres où il a rencontré le Premier ministre, Winston Churchill. Il voulait s’assurer de la position de l’allié anglais face aux événements désastreux de la Campagne de France. Quand il rentre à Bordeaux, où le gouvernement s’est replié, de Gaulle apprend que Reynaud a donné sa démission. Le Président Lebrun fait appel au maréchal Pétain pour former le gouvernement. Mais de Gaulle, qui a été proche du Maréchal dans les années 20 et 30 et qui espère un ministère, ne rejoint pas le gouvernement Pétain.

Pis : il entend que ce dernier demande aux Allemands, qui sont entrés à Paris le 14 juin, les conditions d’un armistice. De Gaulle profite de l’avion envoyé de Londres pour transporter soit Paul Reynaud soit Georges Mandel pour s’enfuir, en compagnie de son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel. Il déclare au général Edward Louis Spears (1886-1974) qui l’accompagne : « C’est bon, ils ne veulent pas de moi ! Dans ces conditions je fous le camp à Londres. ». Paul Reynaud lui avait fait passer un petit pécule de 100.000 francs et montre, par ce don, qu’il soutient l’action du Général. Arrivé à Londres, et avec l’appui de Churchill, de Gaulle est autorisé à intervenir sur les ondes de la radio britannique, la BBC. Il prend le micro vers 18 h 30, deux heures après Churchill qui appelle son peuple à résister et qui le prévient que la « bataille d’Angleterre est sur le point de commencer ».

Dans son discours du 18 juin, de Gaulle s’adresse avant tout aux militaires et moins à la population française. Il lance un appel à poursuivre le combat, aujourd’hui considéré comme l’acte fondateur de la France libre. Il faut reconnaître que peu de Français entendent cet appel qui, d’ailleurs, n’a pas été enregistré. Peu de journaux, dans les jours qui suivent, le retranscrivent. Ce 18 juin, de Gaulle est un homme seul à Londres. De Gaulle réitère son appel le 22 juin, avec quelques modifications. C’est cet appel qui est enregistré et que l’on peut réécouter encore aujourd’hui. C’est aussi grâce à cet appel que de Gaulle gagne son surnom, auprès de la presse collaborationniste, de « Général Micro ». Sachant que la radio est une arme redoutable (la plupart des foyers français sont alors équipés), il utilise et utilisera beaucoup ce média. Pendant les cinq années de guerre, il prononcera plus de soixante-dix allocutions sur les ondes de la BBC, sans compter celles de Radio Brazzaville et Radio Alger. La radio est son vecteur média préféré pendant les événements d’Algérie et de Mai 1968.

Après la signature de l’armistice le 22 juin, la presse écrite est muselée par les Allemands et le gouvernement de Vichy lui emboîte le pas. Le 25 juin 1940, à 00 h 30, toutes les stations françaises se taisent jusqu’au 5 juillet. À cette date-là, les émissions recommencent mais uniquement sur deux stations en France : la Radio nationale, installée au casino de Vichy, et Radio-Paris, radio allemande, dirigée par les Allemands, émettant en français. Le 28 octobre 1940, une loi interdit « la réception sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public des radios antinationales et de la BBC ». La radio est alors consacrée comme une arme de guerre à part entière.

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