Editoriaux - Histoire - Politique - 22 juillet 2016

Dans une vidéo, l’EI menace d’intensifier ses attaques contre la France

Tandis que la droite et la gauche se disputent pour savoir si toutes les mesures de sécurité ont bien été prises à Nice, Le Point rapporte que le groupe État islamique, dans une vidéo où apparaissent deux djihadistes francophones, félicite l’auteur de la tuerie et menace d’intensifier ses attaques contre la France. La vidéo montre également la décapitation de deux hommes accusés d’espionnage.

Voilà qui nous ramène à la réalité et rend quelque peu dérisoire la querelle entre la majorité et l’opposition sur les responsabilités respectives du ministère de l’Intérieur et de la municipalité dans la tragédie de Nice. Les débats à l’Assemblée nationale sur la prorogation de l’état d’urgence ont été révélateurs d’un durcissement des positions – non dépourvu d’arrière-pensées politiciennes.

D’un côté, Manuel Valls, défendant envers et contre tout sa conception de la légalité républicaine. De l’autre, Laurent Wauquiez, préconisant le principe de rétention pour les « suspects », dût-on changer le droit, et ajoutant en conclusion : « Vous invoquez les libertés personnelles des terroristes, nous disons : il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la République. »

Tous deux ont à la fois tort et raison. Le premier prétend respecter le droit, mais ne s’en est pas toujours soucié quand il a réprimé les manifestations contre le mariage pour tous par des arrestations arbitraires. Il est plus facile de se référer au droit dans le verbe que dans les actes. Il est vrai que, dans l’Histoire, une partie de la gauche a montré quelque indulgence pour les dictatures… de gauche et a soutenu le terrorisme FLN pendant la guerre d’Algérie.

Le second, même si l’on peut comprendre ses intentions, devrait se méfier des formules à l’emporte-pièce. Son propos ressemble beaucoup à celui de Saint-Just « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », qui justifia la Terreur et ses massacres sous la Révolution. Nos hommes politiques, de droite ou de gauche, devraient parfois, avant de parler, tourner sept fois leur langue dans leur bouche et ne pas jouer à qui défend le mieux la liberté.

La nouvelle vidéo de l’État islamique vient rappeler que la guerre qu’il a entreprise contre notre civilisation – car il s’agit bien de cela – n’est pas un jeu, qu’elle mérite mieux que des joutes oratoires ou un concours de combinaisons politiques. Il est évident, par exemple, que François Hollande hésite à nommer l’ennemi, préférant le qualifier de terroriste ou de barbare. Espère-t-il ainsi s’assurer, comme en 2012, le vote des Français de confession musulmane ?

Rien n’est plus dangereux que de ne pas nommer l’adversaire. En agissant ainsi, on favorise les amalgames contre lesquels on prétend lutter. Il est scandaleux, dans de telles circonstances, d’avoir recours à des manœuvres politiciennes. Un grand nombre de Français de confession musulmane soutiendront les hommes politiques qui auront le courage de dire que les terroristes sont des intégristes de l’islam. C’est le seul moyen pour eux de n’être pas confondus avec les fanatiques.

Quant à ceux qui, pour dédouaner l’islam, font remarquer que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme dans le monde, ils n’ont rien compris à la nature du terrorisme, qui règne par la peur, pour détruire les uns et obtenir la soumission des autres. Rien de nouveau, malheureusement, sous le soleil. Dans ce domaine, l’aveuglement ou le calcul sont criminels !

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