Audio - Editoriaux - Entretiens - 13 novembre 2018

Damien Lempereur : « Le meilleur hommage que l’on puisse faire aux victimes du Bataclan, c’est d’apporter des solutions… »

Aujourd’hui, on commémore, en France, les trois ans de l’attentat terroriste du Bataclan qui a fait cent trente morts et de nombreuses victimes. Triste coïncidence, c’est aussi le jour où l’on apprend le suicide de Maggy Biskupski, cette policière responsable d’une association de policiers en colère.

Au micro de Boulevard Voltaire, Damien Lempereur, porte-parole de Debout la France, dénonce le décalage entre les discours du gouvernement et la réalité du terrain, l’inversion des valeurs, le manque de soutien des responsables politiques des forces de l’ordre qui conduisent à de tels drames.

Nous sommes le 13 novembre 2018. Il y a trois ans, la France connaissait son attentat terroriste le plus meurtrier. Que retenez-vous de cette commémoration ?

Un moment de commémoration est un moment d’union. C’est important d‘avoir des pensées et de se rassembler. Pour autant, il ne faut pas oublier que le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux victimes est d’apporter des solutions. Il y a trois ans, on tuait sur les trottoirs de Paris et au Bataclan. La seule question qu’on doit se poser aujourd’hui, c’est de savoir si toutes les mesures ont été mises en œuvre pour que la lutte contre le totalitarisme islamiste soit une priorité. Malheureusement, il y a un décalage avec les discours de ceux qui nous gouvernent et la réalité. À Debout la France, on pense que tout n’a pas été fait pour empêcher que de tels attentats se reproduisent dans les semaines ou dans les mois à venir.

En toile de fond, on a eu, comme un rappel de cette situation très tendue, le suicide de Maggy Biskupski. Elle était un peu la tête de gondole du mouvement des policiers en colère. On a l’impression d’avoir le rappel d’un terrorisme islamique encore présent et de forces de l’ordre au bord de l’implosion.

Malheureusement, il y a une coïncidence dramatique. Nicolas Dupont-Aignan l’avait rencontrée à deux reprises. Nous sommes aux côtés des policiers lorsqu’ils expriment leur colère. C’est bien légitime. Il y a un décalage entre les discours. Le ministre de l’Intérieur annonce une reconquête républicaine alors qu’il n’y a absolument pas les moyens. Les policiers ne sont pas les seuls. Avec eux, les gendarmes, les pompiers, les surveillants pénitentiaires et les policiers municipaux se sentent complètement démunis. Il faudrait recruter 30.000 forces de l’ordre. On nous explique que l’on va en recruter 10.000 alors que cela remplace à peine les départs en retraite. Il faut savoir qu’aujourd’hui, la moitié des policiers ont un week-end disponible toutes les six semaines. En plus de cette surcharge, ils ont souvent peur des conséquences pénales de leurs actions. La peur est inversée. La Justice pénale est trop laxiste et on a une inversion des valeurs qui fait que ceux qui sont censés nous défendre sont, finalement, les plus exposés. On l’a vu avec le terrorisme. C’est absolument anormal. Il y a beaucoup de travail à faire pour remettre les choses à l’endroit.

La peur a changé de camp est le titre d’un livre de Frédéric Ploquin. Ce livre parle de cette peur que ressentent les policiers vis-à-vis des conséquences pénales de leurs actions. Cette situation pourrait-elle s’améliorer avec la nomination du nouveau ministre de l’Intérieur ou, au contraire, ça ne va faire que s’aggraver ?

Mais non, ça ne fait que s’aggraver. Il semble que ce ministre soit dans le déni. C’est le ministre d’Emmanuel Macron, donc, c’est déjà beaucoup de communication et peu d’action. Mais il semble, en plus, lui plus particulièrement, dans le déni, dans le déni de la réalité de quartiers qui sont à la dérive, avec le salafisme, avec des financements de mosquées par l’étranger, avec une absence de volonté politique de réellement fonctionner et éloigner, par exemple, les étrangers fichés S qu’on accueille encore aujourd’hui sur notre territoire et les djihadistes qui reviennent de Syrie.
Ce ministre ne fait qu’empirer une situation qui existe et je crains, malheureusement, qu’il ne reste plus beaucoup de temps. Et c’est ce que disait Gérard Collomb, le ministre démissionnaire : il reste peu de temps pour résoudre une situation qui devient catastrophique puisque, d’une part, nos forces de l’ordre sont surmenées, désespérées, et trop souvent montrées du doigt et, dans le même temps, on ne prend pas les mesures pour s’attaquer à nos ennemis. Nous sommes donc en présence d’un cocktail qui est très mauvais.

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