Editoriaux - Histoire - Médias - Politique - Presse - Table - 25 février 2017

Culpabilisation rime avec trahison

Emmanuel Macron nous a gratifiés, en Algérie, d’un comportement symptomatique de nos élites, à savoir la culpabilisation ou, plus spécifiquement, ce qu’Alexandre del Valle dénomme le « syndrome de Stockholm antérograde »

Ce mal qui ronge nos élus, nos médias, tire sa source dans la peur de l’autre, et cette peur se traduit par ce qu’on a appelé le syndrome de Stockholm et, à terme, la soumission…

Culpabilisation intensive, soumission, collaboration : ce triste triptyque est aujourd’hui plus que réel, hélas !

La culpabilisation forcée de l’Occident chrétien colonisateur et raciste, la soumission des élites à un islam conquérant et, enfin, la longue tradition française de collaboration de certaines élites à la puissance qui les menace : aujourd’hui l’islam…

Peur de perdre la sacro-sainte paix sociale ? Peur de la guerre civile ? Même Marine Le Pen a cédé à cette peur en déclarant l’islam compatible avec la République…

Emmanuel Macron vient, ainsi, corroborer toutes nos craintes et faire éclater au grand jour la compromission interne du personnage. Ses déclarations à propos de la colonisation font figure de véritables coups de poignard dans le dos de notre histoire nationale.

La culpabilisation que nous impose nos élites, nos médias visent à nous rendre honteux de notre histoire, de notre pays et, enfin, de ce que nous sommes et d’où nous venons… Culpabilisation dangereuse, honteuse et criminelle pour deux raisons :

La première est que cette honte injustifiée et injustifiable que l’on nous impose va à l’encontre d’un sentiment de fierté nationale nécessaire pour la préservation d’une identité, d’un peuple, d’une spécificité…

La seconde se pose d’avantage sous la forme d’un questionnement : comment pouvons-nous prétendre intégrer et faire aimer notre pays à des individus que nous accueillons si, nous-mêmes, nous en avons honte… ?

C’es, en vérité, un bien grand service que nous rendons à nos adversaires… L’Occident est ainsi réduit à un ensemble oppresseur, auteur de tous les crimes, des croisades à la Shoah, et le reste du monde fait office de victime qu’il faut venger en abattant l’ancien. Et nos politiques s’y attellent à grands coups de leçons de morale « victimisatrices » et ce, notamment depuis Jacques Chirac. Les intellectuels bien-pensants, de BHL à Attali en passant par Fanon, s’attachent à culpabiliser ce vieux monde encore trop attaché à ces traditions ancestrales afin de mieux l’anéantir. Jacques Attali, dans un entretien au Monde le 4 mars 1997, déclarait à propos du débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe que si « le club chrétien » européen refusait l’entrée de la Turquie dans l’Europe il fallait s’attendre à « une véritable guerre de civilisation » et d’ajouter : La France, en raison de ses choix géopolitiques, est une nation musulmane » ! Ce refus entraînerait une « guerre civile »…

Cette morale culpabilisatrice, qui pose sans arrêt l’homme blanc et l’Occident chrétien en bourreau par excellence », selon les mots de del Valle, induit le fait que l’Occident aurait une dette inexpiable envers les pays « opprimés » par cette colonisation « inhumaine ».

Emmanuel Macron s’est ainsi plié à la loi en vigueur dans le monde politique de notre médiacratie moderne : la culpabilisation par peur de la guerre civile. C’est en quelque sorte un nouveau contrat social, celui de la paix.

« La crise de l’Occident consiste dans le fait qu’il n’a plus confiance dans son dessein », disait Leo Strauss… Nos élites s’y emploient.

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