Editoriaux - Politique - Réflexions - Société - 14 juillet 2018

Constitution : le grand ménage doit continuer !

Ah ! Nous vivons un moment historique : le mot « race » va enfin être extirpé de notre Constitution.

Sans nul doute l’éclat de la France va-t-il encore briller encore plus fort auprès du monde entier après une telle décision.

Et ce vote a eu lieu à l’unanimité ! Il est vrai que les députés d’extrême droite n’ont pas participé au scrutin, gâchant certes un peu la fête, mais on ne va pas bouder son plaisir pour autant !

C’était très important d’escamoter la notion de race. D’abord, c’est pleinement justifié : la science nous apprend que « la notion de race n’existe pas, il n’y a qu’une espèce, l’espèce humaine ». Et la science (loué soit son saint nom) est absolument infaillible. C’est une vérité révélée et sa parole ne saurait être mise en doute. En comparaison, le prophète ne serait qu’un douteux informateur de seconde zone et l’archange Gabriel une balance shootée à l’héro.

Et puis, ça ne doit pas être la même science qui m’avait enseigné les races quand je faisais mes études.

Ça donne quand même à réfléchir : on peut, d’avance, penser à quelques menus inconvénients. En effet, au nom de l’antispécisme en vogue aujourd’hui, les animaux doivent jouir des mêmes droits que les hommes. Il sera donc désormais interdit de parler de race, même chez le Chien. Il n’y a qu’une espèce, Canis lupus familiaris, tout comme il n’y a qu’un Homo sapiens.

L’annonce « Berger allemand femelle cherche mâle même race pour saillie » sera désormais illégale puisqu’on y mentionne la race. Elle devra être revue en : « Chien femelle cherche chien mâle pour saillie. » Le jour où ils se rencontreront, les propriétaires pourraient avoir quelques surprises : imaginons un chihuahua avec un berger allemand ! Si le mâle est le chihuahua, c’est certes techniquement possible. Il serait cependant préférable de se munir d’un petit tabouret pour aider à la manœuvre. Dans le cas inverse, il faudra alors prévoir une lourde note de vétérinaire…

Enfin, ce genre de détail ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : dès aujourd’hui, la notion de racisme disparaît dé-fi-ni-ti-ve-ment. Puisque la Constitution supprime la notion de race, comment la loi pourrait poursuivre quelqu’un au nom d’une chose qui n’existe pas ?

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Retirons au plus vite de la Constitution le mot « guerre ». La guerre disparaîtra alors et nous jouirons enfin d’une paix éternelle ! Il est fâcheux que les mots « maladie » et « mort » n’y figurent point : nous aurions pu supprimer aussi toutes les souffrances et devenirs immortels. Pourquoi, diantre, n’y avait-on pas pensé plus tôt ?

Une seule chose me chagrine : l’unanimité. La dernière fois qu’un texte a été voté à l’unanimité, c’était l’écotaxe, au nom de l’écologie, dernière idéologie totalitaire de ce siècle.

Devant la levée de boucliers des Bonnets rouges, le bon sens a enfin prévalu.

Il ne faudrait pas que nos élus aient voté au nom du « politiquement correct » qui paralyse toute réflexion.

Et dommage que le mot « bêtise » ne figure pas non plus dans la Constitution, car nous tenions la solution !

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