Editoriaux - Environnement - 4 janvier 2019

Connaissance inutile

La pétition visant à attaquer l’État français en justice « pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits au nom de l’intérêt général » est en passe d’atteindre les deux millions de signatures, soit un habitant sur trente – bébés, comateux, vieillards et Alzheimer compris. Ce serait un record mondial… à condition de ne pas être largement bidonnée ! Certes, quelques lemmings ont probablement suivi le joueur de flûte de bonne foi, mais de bons esprits ont remarqué que la méthodologie de la pétition était plus que douteuse, dépourvue de vérification de compte, remplissable par des robots, etc. ; bref, pire qu’une élection corse.

L’Affaire du siècle, comme elle se nomme modestement, est donc bien partie pour remporter les prochains Bobards d’or. Et à propos d’affaires, ce sont surtout celles des marchands d’éoliennes et de panneaux solaires qui sont appelées à prospérer grâce à nos philanthropes. Merci, Yann Arthus-Bertrand, Marion Cotillard et Juliette Binoche, qui ont prêté leur minois pour soutenir ce trucage. Mais l’important n’était-il pas d’injecter simplement une nouvelle dose de propagande ?

« Le prix de nos factures énergétiques explose », déplorent les pétitionnaires. Mais la faute à qui, amis écolos, sinon au délire taxatoire que vous soutenez ? « La France […] n’atteint pas ses objectifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. » Et c’est fort heureux parce que, sinon, les gilets jaunes seraient encore plus nombreux, et en haillons !

Au passage, l’effet de serre dû au gaz carbonique (CO2) ayant, depuis longtemps, atteint son niveau de saturation, il suffit de connaissances physiques de base pour comprendre que même si nous en dégagions deux fois plus, cela n’aurait aucun effet sur la température. Quand la connaissance ne nous fait pas défaut, mais qu’il est interdit de l’utiliser, nous ne sommes plus dans la science. Nous sommes dans la religion. Plus la peine de savoir, il faut croire ; et le climato-sceptique est le nouvel hérétique. Même de haut niveau scientifique, il est banni des médias autorisés,
ou licencié, comme Philippe Verdier de France 2, s’il y travaille. À son livre La Connaissance inutile, feu Jean-François Revel pourrait aujourd’hui ajouter plusieurs chapitres.

Le plus ébouriffant, c’est que trois des associations plaignantes sont subventionnées par cet État qu’elles attaquent ! « Les gens ne vous pardonnent jamais le bien que vous leur faites », me disait une tante au soir d’une vie de mécénat. Qui n’a jamais eu l’occasion de vérifier la pertinence de cette assertion ?

Shakespeare a dit : « C’est le malheur du temps que les fous guident les aveugles. » Il ne connaissait pas le XXIe siècle…

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