Comparer Trump à Kim Jong-un en dit long sur notre classe médiatico-politique

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Quand il s’agit de diaboliser quiconque s’écarte du droit chemin, la bien-pensance mediatico-politique regorge d’originalité. Donald Trump l’aura appris à ses dépens, lui qui est désormais présenté, à longueur d’éditoriaux enflammés et de tirades peu inspirées, comme le double occidental de… Kim Jong-un.

Si l’on peut trouver kyrielle de défauts au président des États-Unis et si les premiers mois de son mandat n’auront pas vraiment transformé l’espoir suscité au lendemain de son élection, le comparer à un dictateur sanguinaire en dit long sur la mauvaise foi des commentateurs et le délire idéologique dans lequel ceux-ci sont empêtrés.

Comparons la situation dans les deux pays. En Corée du Nord, les opposants ou tout ce qui est soupçonné d’ourdir un complot est jeté aux chiens ; les purges politiques sont monnaie courante ; le titre de chef d’État se transmet désormais de père en fils. Aux États-Unis, les détracteurs du président sont (au pire) insultés par celui-ci ; les curées ont (pratiquement) cessé depuis la chasse aux communistes ; et le président est élu démocratiquement. Il n’existe donc aucune commune mesure entre les deux régimes.

C’est pourtant sous cet angle que les médias traditionnels abordent, depuis une semaine, le regain de tension entre Washington et Pyongyang. À les suivre, nous aurions, face à face, et sur un pied d’égalité, deux fous prêts à se répondre à coups de missiles nucléaires.

Dans une allocution qui restera gravée dans l’histoire des relations entre les États-Unis et la Corée du Nord, Donald Trump a promis le « feu et la fureur » au pays qui fut rangé, sous Bush, Jr., dans l’axe du mal aux côtés de l’Iran et de l’Irak. « Les solutions militaires sont maintenant complètement en place, et prêtes à l’emploi, si la Corée du Nord se comporte imprudemment », a déclaré, de façon certes martiale, le président des États-Unis.

En cause, l’annonce faite par la Corée du Nord de procéder à quatre tirs en direction de l’île américaine de Guam. Les missiles devraient s’échouer à une trentaine de kilomètres de la base. De surcroît, les experts du renseignement semblent formels : la Corée du Nord aurait réussi à miniaturiser l’arme nucléaire, de façon à ce qu’elle pourrait l’embarquer sur des missiles intercontinentaux.

Entamer les hostilités en attaquant le régime de Kim Jong-un serait donc dangereux et l’on ne pourrait que conseiller à Donald Trump d’inviter son homologue à manger un hamburger, comme il l’avait annoncé lors de sa campagne électorale.

Mais dans la période de tensions qui opposent les États-Unis et la Corée du Nord, quoi qu’on puisse penser de l’influence (parfois – souvent – néfaste) de l’Amérique sur le monde, nous n’avons d’autre choix que de soutenir une démocratie contre une dictature sanguinaire.

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