Le commissaire européen à la sécurité inquiet du terrorisme d’extrême droite !

Professeur de Lettres
 

Julian King, le commissaire européen à la sécurité, l’affirme : « La radicalisation prend des formes diverses. » En fait, on le savait déjà, depuis qu’Alain Juppé avait amèrement déploré celle de l’électorat de François Fillon. Mais, cette fois, il n’est plus question de cathos réacs agitant leurs drapeaux tricolores sur la place du Trocadéro. De l’islamisme, alors ? Non, cela, c’était il y a deux mois, lorsque « lutter contre le terrorisme » était encore, pour Julian King, lutter contre Daech. Aujourd’hui, c’est, dit-il, sur la menace du « terrorisme d’extrême droite » qu’il faut concentrer ses efforts.

Toutefois, qu’on se rassure, l’Union européenne « n’est pas du tout naïve » : « La menace [du terrorisme islamiste] existe toujours. » Ah bon ? Hélas, oui… Il y a même, paraît-il, des petits malins qui « voyagent sous le couvert des flux de réfugiés mais qui n’en sont pas et qui sont peut-être bien décidés à commettre des actes violents. » Des « actes violents » ? Brr… Des… euh… attentats… ? Ah, non ! Attention, il faudrait voir à ne pas tout mélanger. Appelons un chat un chat, et un attentat un attentat : « L’an dernier, nous avons été témoins d’un nombre de plus en plus élevé d’attentats contre des mosquées et des centres d’accueil. » Les islamistes, eux, c’est bien connu, ne commettent que des « actes violents ». Comme celui de Londres, mercredi dernier… Et encore sont-ils en partie imputables à l’extrême droite : « Il faut reconnaître que les mouvements d’extrême droite ont un impact sur cette radicalisation. » Alors que le terrorisme d’extrême droite, lui, « existe […] en tant que tel ».

Ben voyons…

Et puis, en ce qui concerne ces « actes violents » islamistes, « nous sommes […] dans une meilleure situation qu’il y a un an, par exemple », assure Julian King. En effet, « nous n’avons pas fermé les frontières, mais nous savons plus ou moins qui entre ». « Plus ou moins » : c’est ce qu’on appelle, sans doute, le flegme britannique. Sans compter que tous les terroristes ne viennent pas de franchir la frontière.

Mais, qu’on se le dise une bonne fois, le grand péril est l’extrême droite : « Je pense qu’aucun État membre n’est épargné par l’extrémisme violent de droite », proclame Julian King. Des exemples ? « Le meurtre brutal d’un membre du Parlement britannique, Jo Cox », en juin 2016, et « le massacre d’Anders Breivik en juillet 2011 ». Il n’a manifestement pas souhaité s’essayer à une liste exhaustive des attentats islamistes en Europe depuis 2011. Sans doute a-t-il eu peur de s’essouffler ou de perdre la voix.

Petit détail : le so british commissaire européen s’exprimait ainsi le 22 mars dernier, lors de la commémoration de l’attentat islamiste de Bruxelles, qui avait causé la mort de trente-deux personnes. Ce doit être de l’humour anglais.

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