Editoriaux - Immigration et diversité - 27 septembre 2018

Comment a-t-on pu passer du blues… au rap de Nick Conrad ?

Il y a un siècle de cela, des Noirs américains, encore victimes de la ségrégation et du travail aux champs de coton, exprimaient leur mal-être à travers le blues avec un talent inimitable, comme dans celui-ci :

« They says if you was white, should be all right
If you was brown, stick around
But as you’s black, m-mm brother, git back git back git back »

« Black, Brown and White », Big Bill Broonzy

Désormais, des enfants gâtés, parfois fils de diplomates, profitant allègrement de l’école gratuite, de la couverture maladie universelle, de l’assurance chômage, du RSA et que sais-je encore… s’expriment avec le rap.

« Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort, faites-le franchement, que ça pue la mort que ça pisse le sang ».

« Pendre les blancs », Nick Conrad

Il semblerait que même les spécialistes et les esprits les plus ouverts s’accordent (en open tuning ?) pour critiquer le morceau composé par le dénommé Nick Conrad. Il exprime pourtant une réalité cachée, voilée par les médias depuis très longtemps. Les forces de l’ordre la vivent quotidiennement dans certains quartiers par des insultes telles « sale Blanc », « traître », « harkis » à l’égard de policiers issus de l’immigration (Frédéric Ploquin, La peur a changé de camp).

On pourrait rapidement en conclure que la bêtise est décidément universelle, que ce soit de la part de sudistes du Ku Klux Klan il y a un siècle ou dans les actuelles banlieues colorées de l’Hexagone. Mais le problème est sans doute plus profond, complexe et insidieux. Dans une république détruite sous les assauts gauchisants d’intellectuels enragés, dans une nation laminée par l’individualisme et l’hédonisme, il ne subsiste, dorénavant, que les ruines d’un pays en proie au communautarisme.

N’en déplaise aux humanistes et doux rêveurs, les situations de contacts ethniques et culturels, lorsqu’ils sont trop importants, ne se passent jamais sans heurts, violences et destructions. Le vivre ensemble n’existera jamais. Il laisse simplement, après beaucoup de souffrance, parfois de bonnes musiques et d’autres, plus mauvaises.

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