Editoriaux - Médias - Presse - Table - 4 novembre 2015

Une commémoration juste et utile, mais sans médias ni gouvernants

Ce samedi 31 octobre à 17 h 00, en la petite église Saint-François-de-Sales de la rue Brémontier du XVIIe arrondissement de Paris, il n’y avait pas de journalistes. Il n’y avait pas non plus de membres du gouvernement. Pourtant, il y avait du monde, beaucoup de monde, cinq ans plus tôt, dans une autre église, celle de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours à Bagdad : deux centaines de fidèles ; 78 d’entre eux ont été blessés, 58 d’entre eux ont été assassinés, en pleine messe. Pour eux, la paroisse parisienne a organisé une commémoration de la prise d’assaut de la cathédrale syriaque catholique de la capitale irakienne, en présence de son recteur émérite Monseigneur Raphaël Kuteimi.

Le 31 octobre 2010, pendant la messe, des terroristes ceinturés d’explosifs, se revendiquant d’Al-Qaïda, ont attaqué le lieu sacré. Ils ont fait irruption, ils n’ont rien demandé, ils ont tiré. Ils ont tué, il faut le répéter, 58 personnes dont les deux jeunes vicaires, le père Wasim Sabieh, âgé tout juste de 28 ans, et le père Thaier Saad Abdal, qui célébrait la cérémonie. Le père Thaier, 32 ans, s’est adressé aux terroristes : « Tuez-moi, mais épargnez cette famille qui a des enfants ! » Il s’est interposé, transformant son propre corps en bouclier. Il a été abattu à bout portant. Les islamistes ont massacré, 5 heures durant, des hommes, des femmes, des bébés de 3 ans.

Pourquoi ? Parce que c’étaient des chrétiens. C’est inimaginable mais c’est la vérité ; il y a des individus, salafistes pour la plupart, qui ne veulent plus de chrétiens en Irak. Que veulent-ils, alors ? Les faire disparaître, définitivement.

Pourtant, ce pays a reçu la Bonne Nouvelle dès le Ier siècle, par saint Thomas, vous savez, l’incrédule, celui qui ne croit que ce qu’il voit. Les chrétiens sont donc chez eux en Irak. C’est la terre de leurs pères, de leurs ancêtres. L’islam n’est arrivé que bien plus tard, des siècles plus tard.

En 1932, les chrétiens représentaient encore 20 % de la population et, sous le régime de Saddam Hussein, 10 %. Mais avec l’intervention américaine, ils ne comptaient plus que pour 2 % des habitants en 2008. Malgré leur foi, malgré l’amour pour leur patrie, ils n’ont eu d’autre choix que celui de fuir les islamistes. Quant à ceux qui sont restés, ils doivent s’attendre à tout : persécutés, les chrétiens sont devenus des cibles à abattre.

La réalité tragique de nos frères d’Orient laisse, en France, honteusement indifférent. Pour preuve : la presse a gardé au sujet de cette commémoration un silence insupportable. Quant au gouvernement, toujours prompt à se répandre en larmoiements et à organiser des cérémonies pour le devoir de mémoire, il n’a fait, à ma connaissance, aucune déclaration. Il devrait pourtant avoir toujours à l’esprit que le fanatisme musulman a voué aussi notre France, cette mécréante, à la mort.

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