Colombie : accord historique entre le gouvernement et les FARC

C’est à La Havane, au terme de négociations qui auront duré près de quatre ans, que s’est conclu mercredi 24 août un accord qu’on peut qualifier d’historique entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) après plus de 50 années de guerre civile.

Un conflit terrible : plus de 240.000 morts, des milliers de disparus, des attentats et des prises d’otages à répétition (entres autres celui, en 2002, de la Franco-Colombienne Íngrid Betancourt, détenue pendant 6 ans), cinq millions de personnes déplacées, chassées de leurs terres à cause des combats, un pays truffé de mines antipersonnel (après l’Afghanistan, la Colombie compte le plus grand nombre de victimes !).

Dans l’allocution télévisée qui a suivi la signature de cet accord, le président colombien Juan Manuel Santos a souligné que cet accord signifiait « la fin de la souffrance, la douleur et la tragédie de la guerre ».

Un accord à porter à son crédit, car dès 2012, peu de temps après son accession au pouvoir (2010), il avait entamé des discussions avec les forces armées de la guérilla. Des négociations qui avaient officiellement commencé en Norvège mais qui se sont poursuivies essentiellement à La Havane.

Signe de l’investissement très important des autorités cubaines, le document final de 200 pages a été entériné lors d’une cérémonie présidée par le ministre cubain des Affaires étrangères, et Raúl Castro est venu en personne souligner « l’engagement du peuple et du gouvernement cubains en faveur de la paix en Colombie […] ».

Pour autant, cet accord ne pourra être considéré comme définitif qu’après sa ratification par référendum le 2 octobre : le « oui » devra alors obtenir un peu plus de 4,4 millions de voix sur les 35 millions de votants.

Il est donc peu probable que les Cassandre, emmenées par l’ancien président Álvaro Uribe, puissent inverser le processus en cours… « L’accord n’est pas parfait, mais c’est le meilleur accord possible », leur a déjà répondu Humbert de la Calle, le chef de la délégation du gouvernement colombien.

La mise en place du processus de paix s’effectuera progressivement sous contrôle de l’ONU : dissolution des guérillas, restitution des armes et munitions détenues par les FARC prévue en trois phases – 90, 120 et 150 jours après la signature de la paix -, réinsertion des 7.000 guérilleros à la vie civile, transformation des FARC en parti politique, etc.

Le président colombien pourra alors s’employer à trouver un accord avec la deuxième force de guérilla en Colombie, l’Armée de libération nationale (ELN), forte de 1.500 membres. En mars, les représentants du gouvernement colombien et ceux de l’ELN réunis à Caracas annonçaient l’ouverture des négociations.

Pour autant, le gouvernement colombien ne baissait pas la garde puisque, fin juin, dans une vaste opération militaire pour libérer un commerçant, trois combattants de l’ELN étaient tués…

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