Discours - Editoriaux - Education - 2 avril 2018

Un collège portera le nom d’Arnaud Beltrame : et si M. Blanquer était un peu plus directif ?

Une semaine après la mort du colonel Beltrame, un premier collège sera baptisé de son nom. C’est le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy, qui a annoncé qu’il proposerait que le nouveau collège de Pégomas porte le nom du gendarme. Cette proposition a été faite « en plein accord avec le recteur d’académie Emmanuel Ethis et le maire de Pégomas Gilbert Pibou ». Ce collège doit ouvrir à la prochaine rentrée scolaire. Bel hommage, que l’on ne peut que saluer.

Jean-Michel Blanquer avait lui-même lancé cette idée il y a une semaine. Mais on avait eu raison de trouver le ministre de l’Éducation nationale bien en retrait, bien timide dans son message aux enseignants et, donc, aux élèves. Notamment par comparaison avec le discours fort du Président Macron aux Invalides. Si le président de la République lui-même a demandé à la jeunesse et à ses éducateurs de se détourner du « relativisme » ambiant et montré en quoi la carrière et le geste du colonel Beltrame relevaient de « l’absolu », nous sommes désolés de constater que, des Invalides à la Rue de Grenelle, l’absolu a dévalé quelques marches pour vite retomber dans un relativisme gênant.

Dès sa première proposition, d’ailleurs, M. Blanquer s’était montré seulement incitatif :

Je proposerai aux collectivités territoriales qui le souhaitent que son nom soit donné à des écoles, des collèges et des lycées.

Il y a quelques mois, quand il s’agissait de donner le nom de Johnny Hallyday, M. Blanquer avait montré son ouverture, se disant tout à fait prêt à inaugurer des écoles au nom du chanteur. Mais il y avait toujours cette façon de se retrancher derrière la décentralisation, de ne pas apparaître en ministre qui imposerait ou donnerait des directives :

Je n’en suis pas maître, ce sont des décisions locales.

Là encore, il est dans la « proposition », et libre aux « collectivités qui le veulent » de baptiser un établissement du nom d’Arnaud Beltrame. Si ce n’est pas du relativisme… Et quand on voit comment des syndicats comme SUD Éducation et le SNES, qui ont de puissants relais dans des collectivités locales de gauche, se sont démarqués de l’hommage au colonel Beltrame, on peut douter que cette proposition soit reprise dans certains lieux. Ici pour ne pas froisser une gauche antimilitariste, là-bas peut-être pour ne pas déranger telle ou telle communauté. D’ailleurs, ce collège doit s’appeler « Arnaud Beltrame » et non « Colonel Beltrame », ce qui aurait été bien plus légitime, car l’acte héroïque fut d’abord celui de l’officier de gendarmerie qu’il était. Comme si certains mots étaient encore tabous.

Si héros il y a, si la nation est vraiment engagée derrière lui, alors le premier à sortir du relativisme et à passer de la proposition à l’imposition devrait être le ministre de l’Éducation nationale.

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