Editoriaux - Médias - Politique - Société - Table - 6 juin 2016

Les collectivités publiques doivent-elles subventionner la Gay Pride ?

Selon plusieurs sources, Valérie Pécresse, la nouvelle présidente de la région Île-de-France, aurait l’intention d’accorder, comme son prédécesseur, une subvention aux organisateurs de la Gay Pride à Paris, le 2 juillet prochain. Si cette information était confirmée, elle décevrait sans aucun doute une grande partie de ses électeurs, mais elle montrerait surtout la force du lobby LGBT.

C’est l’époque, dans plusieurs villes, de la « Marche des fiertés », manifestation en partie financée par des fonds publics : ville, métropole, région… La Gay Pride n’est pas seulement un événement festif et convivial. C’est surtout un acte politique et militant. À Lille, par exemple, le 4 juin, le mot d’ordre était la « convergence des luttes » : « Bien sûr, on militera toujours pour les droits LGBT d’abord, mais par ce biais-là, on peut aller vers d’autres luttes », a déclaré l’un des organisateurs. Des formations politiques et des élus de gauche seront de la fête. Nuit Debout également ! Sans compter l’inévitable Romero, qui est de tous les combats sociétaux.

Pour qui douterait encore des fondements idéologiques de ces manifestations, il suffit de se reporter au site de la Marche des fiertés : question du genre, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui, pluri-parentalité : tout y passe. Certes, Valérie Pécresse, en maintenant la subvention, aurait réaffirmé son opposition à la PMA et à la GPA. C’est la moindre des choses pour celle qui avait défilé, en 2013, avec les centaines de milliers de sympathisants de la Manif pour tous. Mais cela suffit-il ?

On ne s’attend pas, bien sûr, à voir, le 2 juillet, la présidente de la région sur un char, en tenue insolite. Mais est-ce le rôle d’une collectivité publique d’aider financièrement, avec l’argent de tous les contribuables, une manifestation qui, aussi festive soit-elle, n’en est pas moins une manifestation communautaire et politique ? Et, qui plus est, promouvant la PMA universelle et la GPA, officiellement interdites par la loi ? On souhaiterait vivement que Valérie Pécresse démentît ces informations qui circulent et restât fidèle à ses convictions.

D’autres attitudes sont possibles. La région des Pays de la Loire a décidé de suspendre une subvention accordée au centre LGBT de Nantes tant que celui-ci continuera de promouvoir la gestation pour autrui… Par la voix du président de son groupe au conseil régional de Bretagne, le Front national s’est élevé contre le financement de la Marche des fiertés à Rennes, revendiquée par ses organisateurs comme une manifestation avant tout communautariste. On peut ne pas être d’accord avec toutes les idées du Front national mais, sur ce point, n’a-t-il pas raison ?

Les mouvements LGBT ont tout à fait le droit d’organiser ces marches. Mais les collectivités publiques, quelles qu’elles soient, n’ont pas à les financer. D’autant plus que ces mouvements bénéficient déjà dans les médias d’une large visibilité et d’une manne publicitaire. En 2013, lors du débat sur le mariage pour tous, la propagande était telle qu’une famille traditionnelle, avec un père, une mère et des enfants, était présentée comme une espèce en voie de disparition.

La Marche des fiertés n’est peut-être, pour certains participants, qu’un moment de fête et de reconnaissance. Mais, pour ses organisateurs, c’est d’abord une marche de la provocation. La financer, c’est, pour les politiques, faire preuve de démagogie, de clientélisme et de connivence.

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