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Cinéma : My Cousin Rachel, le dernier film adapté de Daphne du Maurier

Critique de cinéma
 

Loin de toutes considérations politico-idéologiques, nous allons aujourd’hui vous conseiller un charmant petit film britannique en cette période de congés estivaux, tiré d’un roman policier de Daphne du Maurier. L’auteur, qui vit bon nombre de ses écrits adaptés sur grand écran, notamment par Alfred Hitchcock (Rebecca, L’Auberge de la Jamaïque, Les Oiseaux), eut droit à une première version de My Cousin Rachel en 1952 par Henry Koster, avec Richard Burton et Olivia de Havilland dans les rôles principaux. D’une rare platitude de mise en scène, le film, disons-le, fut passablement raté…

La version de Roger Michell, sortie le 26 juillet dernier, corrige le tir et rend mieux justice au matériau d’origine. Le réalisateur transpose alors dans les années 1830 le récit de ce jeune hobereau anglais qui, apprenant la mort de son cousin Ambroise en Italie, soupçonne fortement sa veuve Rachel (incarnée par Rachel Weisz, magnétique à souhait) de l’avoir assassiné. Déterminé à confondre la coupable jusqu’à Florence, Philip perd pied lorsque celle-ci, tout sourire, débarque en Angleterre et se révèle une douce et ravissante créature. Touché par ses élans de pudeur, son empathie et sa gentillesse, Philip tombe rapidement sous le charme de la veuve à mesure que s’évanouissent ses soupçons…

Est-elle coupable ou innocente ? Le film, sur ce point précis, feint l’ambiguïté d’un bout à l’autre du récit. La réponse étant largement éventée par le foisonnement d’indices scénaristiques et de regards fuyants de Rachel que le réalisateur juge bon de nous gratifier, surlignant ainsi le jeu pourtant subtil et éthéré de son actrice principale (qui n’a rien à envier à Olivia de Havilland) et réduisant, de fait, l’intérêt de son film.

En vérité, les seuls champs possibles d’interprétation concernent l’issue de l’intrigue et le mobile de l’assassinat d’Ambroise. De la vénalité la plus banale (peu crédible) au refus de se laisser posséder par autrui, les pistes ne manquent pas. Et si Roger Michell se montre une nouvelle fois trop explicite pour le spectateur habitué à lire entre les lignes, les autres, à coup sûr, se prendront au jeu. Par ailleurs, un bref intérêt pour le vécu et la personnalité de Daphne du Maurier apportera assurément un éclairage supplémentaire.

Bien moins niaiseux que le laisse penser sa bande annonce, My Cousin Rachel est un thriller agréable à suivre, avec ses décors, ses costumes et ses acteurs, en dépit de facilités qui auraient pu être évitées. Nul doute qu’Hitchcock eût mieux fait.

3 étoiles sur 5

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