Cinéma - Editoriaux - Histoire - Presse - Sciences - 25 mars 2018

La cinéaste Cheyenne Carron : un parcours initiatique

Cheyenne Carron vient de sortir son dernier film, le neuvième de ses longs-métrages : Jeunesse aux cœurs ardents. On ne peut le voir que dans une seule salle à Paris, le Balzac, 1, rue Balzac, dans le huitième arrondissement, mais le film est également en vente en DVD.

Cheyenne Carron a accordé un entretien enregistré à Boulevard Voltaire, le 20 mars 2018, où elle parle du sujet de son film : la Légion étrangère comme troupe d’élite, comme référence pour toute une jeunesse perdue par l’absence de transmission des valeurs qui ont fait la France pendant des siècles. Elle décrit cette situation à travers les aventures – ou les non-aventures – d’un jeune fils de bourgeois en quête d’une raison de vivre et sa rencontre avec un ancien officier de Légion qui deviendra sa planche de salut.

Qui dit parcours initiatique dit parcours semé d’embûches et de mésaventures en tous genres.

Tous les héros des films de Cheyenne Carron sont à la recherche d’un paradis perdu (ou à venir) ou, tout simplement, d’un sens à leur vie, mais les pièges semés sur leur parcours abondent. Il n’est pas facile, de nos jours, de devenir ce que l’on est.

Cheyenne a, bien sûr, reporté sur ses personnages cette soif d’absolu qui la guide jour après jour.

Depuis son premier court-métrage en 2001, elle n’a jamais bénéficié de la moindre subvention des organismes liés au septième art. C’est donc une femme-orchestre : réalisatrice, scénariste, productrice qui tisse harmonieusement et avec persévérance des bouts de ficelle et des liens d’amitié pour terminer ses films. Cette opiniâtreté paye : film après film, elle affirme son talent.

Les dialogues d’un autre merveilleux film, celui de Sidney Pollack, Jeremiah Johnson, sont réduits au strict minimum ; et pour cause : le film se passe dans le désert blanc des Montagnes rocheuses au milieu du XIXe siècle, mais surtout au milieu de nulle part ; les êtres humains y étaient bien rares à fréquenter. Le héros, lors d’une rencontre inopinée, échange quelques mots sur le climat avec un vieux trappeur qui sillonne les chemins de ces terres hostiles depuis des années et murmure cette phrase terriblement symbolique : « L’hiver est long sur les hauteurs. » C’est toute l’histoire de Cheyenne.

Mais c’est aussi toute l’histoire de ces hommes ou de ces femmes marqués par les circonstances de la vie, d’une vie souvent plus mouvementée que celle de la plupart des humains, qui leur donne une plus grande lucidité, une plus ferme exigence, qui fait qu’on peut alors parler d’un destin qu’il faut assumer en toute conscience et en toute responsabilité. Ces « êtres différenciés », selon l’expression de Julius Evola, se consacrent à un but, qu’ils assimilent souvent à une mission, pour laquelle ils travaillent ensuite prioritairement et en toutes circonstances.

Le cinéma de Cheyenne Carron est donc un cinéma dont la tâche essentielle consiste à réveiller les consciences. Cette priorité va se retrouver comme un fil rouge tout au long de son œuvre. On a parlé de boulimie ou de stakhanovisme à son sujet parce qu’elle n’arrête pas de tourner ; mais c’est aussi parce que le temps presse dans cette course à l’Apocalypse, face à la déliquescence de notre monde.

Les choix artistiques de Cheyenne Carron sont bien loin des imprécations, des interdits ou des dogmatismes ; sa démarche est toute, dans la forme, de légèreté, de délicatesse, d’onirisme et d’amour, mais son cinéma s’accroche fermement aux valeurs immuables et intangibles qui perdurent dans l’esprit d’un peuple et d’une nation… et tout au long de ses films. Cette nation française que Cheyenne, Kabyle d’origine, abandonnée à sa naissance, recueillie par une famille chrétienne, n’a de cesse de sublimer, comme si elle avait besoin de dire encore merci.

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