Chronique presque imaginaire des Europindiens

Enseignant
 

Aux siècles passés, quand les grandes dépressions ravageaient l’Europe, d’autres migrants, Irlandais, Anglais, Italiens, Français, sont partis à la conquête d’un eldorado, sur des bateaux pas toujours en bon état, à travers l’Atlantique. Ils avaient affaire à des passeurs, des capitaines peu scrupuleux, vidaient leurs fonds de poches pour traverser un océan, en abandonnant femmes et enfants. Tout un pan de nos sociétés occidentales naissantes, des hommes dans la force de l’âge en majorité, ont tenté leur chance ailleurs, fuyant des régimes patriarcaux corrompus et sans scrupules où ils étaient exploités sans complaisance, dans des industries sales et dangereuses, ou cantonnés à un chômage endémique, sans protection sociale, sans même une reconnaissance sociale.
 
Ils sont arrivés sur une terre où des habitants de souche étaient déjà installés, avec des organisations territoriales, des lois, des us et coutumes… peu importe. Ces nouveaux arrivants, d’origine européennes, ont imposé leur religion, leurs lois, leurs usages, ce qui a peu convenu aux Amérindiens locaux.
 
Il y eut lutte et les plus nombreux ont gagné, plus féconds et mieux armés aussi. Les Blancs ont imposé l’Occident et ses modalités et les autochtones s’en sont retrouvés marginalisés, cantonnés à des réserves, pervertis par cette culture exogène, voire purement massacrés. À toutes les époques, décidément, il a été difficile de « vivre ensemble », de supporter le « multiculturalisme » et la « mixité sociale » devenus les principes phares de l’Europe du XXIe siècle, même s’ils ne marchent pas là où ils sont installés aux forceps.

Des imams ont d’ores et déjà prévenu qu’ils partaient à la conquête de l’Occident, le nôtre, « avec les ventres de [leurs] femmes » et qu’un jour nous plierions sous le nombre. Mais l’histoire ne se répète jamais à l’identique, même si parfois des conditions de base se ressemblent étrangement.
 
Les siècles passent et les hommes restent les hommes. Les blocs identitaires et culturels les mieux armés et les plus nombreux s’imposent, au besoin avec la politique de l’épuration, tels les Espagnols liquidant Aztèques et Incas, les colons australiens boutant les Aborigènes ou les Russes rééduquant les Territoires du Nord.
 
Dans un genre de hoquet funeste, un humain avance parfois masqué et son congénère le voit arriver avec beaucoup trop d’innocence, jusqu’à un réveil douloureux, quand il est trop tard. Furieuse coïncidence. Toute ressemblance avec des faits actuels n’est pas fortuite et il semble que cela soit le sens de l’Histoire. Souvent naissent, sur des terres brûlées, de grandes nations. Parfois, aussi, une idéologie toxique portée par quelques combattants habités de démence et entraînant tout un continent au chaos finit réduite à néant après une prise de conscience générale et une union sacrée, dont l’Europe fut déjà capable une fois.

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