Armées - Editoriaux - International - Table - 29 octobre 2015

Chronique d’une déroute annoncée

Nos bouillants dirigeants ont lancé, il y a un peu plus d’un an (le 19 septembre 2014 exactement), l’opération « Chammal » pour « assurer un appui aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste de l’État islamique », comme le rappelle très justement le site de l’armée de l’air.

Le même site nous apprend que « le dispositif français est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N), d’un avion de ravitaillement KC-135, d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2, et de la frégate anti-aérienne Cassard. Des détachements d’instruction participent par ailleurs, en Irak, à la formation des forces de sécurité irakiennes. » Un tel déploiement de forces a dû fortement impressionner les djihadistes et on les comprend…

Notons, enfin, que la dernière action connue du détachement aérien a consisté en un raid de deux Rafale sur un « centre d’entraînement dédié aux opérations suicides situé au cœur de l’État islamique », dans la nuit du 8 au 9 octobre. Loin de mettre en doute les compétences de nos aviateurs et considérant le risque bien réel encouru par nos pilotes en cas d’éjection dans ce pays où l’on trucide allègrement « à l’ancienne », l’on est quand même un brin ébahi par la tournure qu’est en train de prendre cette opération Chammal, qui ne figurera pas parmi la liste des grandes batailles de nos armées.

Tout le monde le sait désormais : nos dirigeants se sont complètement plantés !

Après l’incontestable succès de nos troupes au Mali, notre Président qui ne recule devant rien a tenté de porter le fer en Syrie pour en chasser un odieux tyran et grandir un peu plus sa stature internationale, ce qui est toujours bon la veille d’échéances électorales nationales. La diplomatie de son gouvernement a donc immédiatement lancé une offensive « tout azimut » pour tenter de créer une coalition afin d’abattre le mal absolu : l’ignoble Bachar el-Assad. Le même qu’un certain président Sarkozy avait invité à assister au défilé du 14 juillet 2008 à Paris. Mais ça, c’est du passé.

Devant le peu d’effets des multiples raids de l’aviation américaine sur l’action des djihadistes de l’État islamique, le président Poutine a décidé que l’on avait assez rigolé et qu’il était temps d’intervenir pour sauver ce qui pouvait l’être.

Aujourd’hui, nos diplomates ne sont même plus invités aux négociations en cours… C’est vous dire l’ampleur du désastre. Et ce n’est pas la petite réunion organisée ces jours-ci à Paris par nos diplomates, sans les Syriens, les Russes et les Iraniens, qui va faire avancer quoi que ce soit.

Heureusement, il reste la COP21 pour se refaire et c’est bien à cela que notre brillant locataire du quai d’Orsay va désormais se consacrer. Devant un tel fiasco, il serait peut-être temps de ramener à la maison les « p’tits gars » de Chammal, ne serait-ce que pour économiser leur vie et accessoirement nos sous.

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