Premier tour de la présidentielle 2017 : Marine Le Pen en grand danger

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La victoire de Fillon a rebattu les cartes de manière inattendue et, pour Marine Le Pen, c’est une très mauvaise nouvelle. Sa présence au second tour de la présidentielle, donnée comme un fait acquis depuis plus d’un an, ne l’est plus aujourd’hui. Explications.

Les trois arguments généralement avancés pour justifier avec une quasi-certitude que Marine Le Pen serait présente au second tour étaient l’état de déconfiture de la gauche, les sympathies d’Alain Juppé avec l’islam et le « tout-sauf-Sarko ». Avec François Fillon, exit les deux derniers arguments ; ne reste qu’une gauche en miettes. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron font cavaliers seuls. Quant à la primaire de la gauche, elle devrait dégager un candidat parmi les trois noms suivants : Montebourg, Hollande et Valls. A priori, aucun des trois candidats en lice en avril prochain ne devrait dépasser la barre des 20 % ; pas de quoi inquiéter la présidente du Front national. Sauf que…

Sauf que François Fillon va mordre sur l’électorat « bourgeois-tradi » du Front national – en clair, les retraités de la région PACA.

Sauf que la volonté de faire barrage au Front national dès le premier tour est une véritable obsession, tant chez Manuel Valls que chez Jean-Luc Mélenchon ; un objectif pour lequel ils sont prêts à tous les sacrifices (souvenez-vous des régionales !). Sauf que de la présence ou non d’un candidat de gauche au second tour dépend le sort de centaines de parlementaires socialistes et, qui sait, la survie même du parti.

Il serait fou d’imaginer que la gauche se laisserait conduire à l’abattoir sans tenter une ou plusieurs tentatives pour se présenter unie derrière un candidat unique. Si Montebourg est choisi, un rapprochement de dernière minute avec Mélenchon est possible. Si c’est Valls qui est choisi, un rapprochement avec Macron est aussi possible. Seule la candidature de François Hollande ferait obstacle à une union de la gauche. Ce calcul explique, sans doute, pourquoi le Premier ministre, qui avait mis un point d’honneur à rester fidèle au Président jusqu’au bout, s’est cru obligé de faire son « coming out » au lendemain de la primaire de la droite.

Avec 30 % des intentions de vote, Marine Le Pen était à l’abri ; avec 25 %, elle ne l’est plus car Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et le candidat qui sortira de la primaire socialiste (si ce n’est pas François Hollande) pourront compter, chacun, entre 12 et 15 % des voix, un score suffisant pour coiffer la présidente du Front national sur le poteau, quelle que soit la combinaison choisie.

Mais, en politique, il est rare de perdre des voix d’un côté sans en gagner de l’autre. Au lendemain du premier tour de la primaire de la droite, j’avais écris ici que la victoire probable de François Fillon serait in fine une bonne chose pour le Front national. Je maintiens cette opinion, même si elle peut sembler en contradiction avec l’hypothèse que je viens d’énoncer. Marine Le Pen battue de justesse au premier tour de la présidentielle, c’est l’assurance que la gauche conservera de très nombreuses circonscriptions aux législatives. Comment François Fillon va-t-il gouverner dans ces conditions, sans majorité ?

Si Marine Le Pen a l’intelligence de faire une campagne sans s’opposer frontalement au candidat des Républicains sur le terrain de l’économie, mais ferme sur le terrain de l’immigration et de l’islam, alors plus que jamais les conditions pour briser le tabou du front républicain seront réunies.

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