Le revenu universel, oui, mais pas sans un débat sanctionné par un référendum

Gestionnaire de fonds d’investissement
 

L’idée du revenu universel est dans le vent, les Finlandais ont même commencé à l’expérimenter depuis le 1er janvier. Pourtant, en France, elle est encore loin de faire l’unanimité. À gauche, seuls Hamon et l’écologiste Jadot y sont favorables, et à droite lors de la primaire, ce sont deux candidats mineurs, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson, qui étaient pour.

Vraisemblablement, donc, ce n’est pas demain qu’un projet de loi en ce sens sera déposé sur le bureau de l’Assemblée, mais sait-on jamais. Il est, en effet, fort à parier que si un jour la France devait généraliser le principe d’une allocation de base per capita, ce serait sous l’impulsion de Bruxelles. On voit mal, en effet, comment les pays européens pourraient avancer en ordre dispersé sur ce sujet.
 
Mais de quoi parlons-nous, au juste ? Au minimum, de regrouper l’ensemble ou partie des aides sociales déjà existantes autour d’un guichet unique et en les généralisant à toute la population sans conditions de fortune ou de revenu. Dans un deuxième temps, le législateur devrait décider, ou bien d’un montant qui rende l’opération blanche pour l’État, ou bien de donner un coup de pouce social, quitte à creuser le déficit. Si l’opération est blanche, alors le montant sera nécessairement inférieur à la moyenne des prestations actuelles, puisque le nombre de bénéficiaires devrait être beaucoup plus important – une option difficilement envisageable qui laisse penser que le dispositif final aura un coût net élevé.

Une variante de ce système avait été imaginée en 1974 par Lionel Stoléru, alors ministre de Giscard d’Estaing, sous la forme d’un impôt négatif, une formule qui avait l’avantage de coûter beaucoup moins puisqu’elle ne concernait que les citoyens dont les revenus ne dépassaient pas un certain seuil, mais aussi l’inconvénient que l’ayant droit était payé avec un décalage dans le temps, inconvénient qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui avec la retenue à la source appliquée à l’impôt sur le revenu. L’affaire est donc complexe car plusieurs options sont possibles, le législateur serait donc bien avisé de prendre son temps afin de procéder à des expérimentations locales avant d’arrêter le dispositif final.
 
Mais la vraie difficulté est ailleurs.

Elle n’est pas technique mais d’ordre anthropologique. Je veux parler des effets qu’aurait cette mesure sur le comportement des citoyens. Certains craignent que cette allocation mensuelle sans conditions incite les bénéficiaires à arrondir leurs fins de mois avec du travail au noir. D’autres, en revanche, pensent qu’elle devrait stimuler chez les jeunes la création d’entreprise. Comment savoir ? Bien sûr, il y a l’avantage évident de la simplicité avec, à la clé – en principe –, des économies pour l’administration, mais on peut aussi rétorquer qu’un guichet unique manque sa cible alors que l’approche actuelle différenciée selon les situations individuelles permet un réglage plus fin de la politique de redistribution sociale. Enfin se pose la question des étrangers et des migrants. Ce n’est plus un secret, l’idéologie plus ou moins avouée qui anime les Européens impénitents et la gauche en général, c’est le métissage de gré ou de force des populations de souche européenne. Dès lors, il est absolument évident que, dans l’esprit des défenseurs du revenu universel, celui-ci devrait être ouvert aux étrangers comme aux nationaux et même, moyennant un délai de carence, aux nouveaux migrants. De là à imaginer que cette idée de revenu universel a été conçue précisément pour favoriser le Grand Remplacement, il n’y a qu’un pas.
 
Aussi, en guise de conclusion, il nous revient d’être extrêmement vigilants sur cette affaire. En particulier, il faut exiger un grand débat public et le recours au référendum. C’est le seul moyen de faire connaître aux Français toutes ses implications, y compris celles que nos dirigeants se garderont bien de nous avouer.

Like
Like Love Haha Wow Sad Angry
2321

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.

Vues : Array