Cette Europe qui nous tue !

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Même s’il ne se passe pas un jour sans que l’on nous parle de chômage, de fermetures d’usines, de déficits publics et de nouveaux impôts, jamais ou presque jamais l’Euro (et encore moins notre appartenance à l’Union européenne) n’est ouvertement remis en question. À dire vrai, ils ne sont qu’une poignée d’eurosceptiques comme Jacques Sapir, Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Le Pen à venir s’exprimer sur les plateaux de télévision et encore, à condition d’être cantonnés dans le rôle ingrat de repoussoir. Quant à François Asselineau, certainement le plus redoutable d’entre eux, il est tout bonnement interdit d’antenne. Le sujet est donc tabou, ce qui, pour un esprit scientifique, est un signe qu’il ne résisterait pas à une critique fondée sur les faits.

Or ces faits, les voici : depuis 1970, le taux moyen de chômage dans les pays de l’UE a plus que quintuplé, la dette publique rapportée au PIB a quadruplé et la croissance économique moyenne annuelle a été divisée par quatre.

Entre 1980 et 2012, le poids de l’UE dans le PNB mondial est passé de 32 % à 18 %.

Au cours des dix dernières années, sur les 34 membres de l’OCDE, les cinq pays les moins performants selon les critères combinés de la croissance, du chômage et de l’endettement public sont tous des pays membres de l’Union européenne et inversement, aucun ne figure parmi les cinq premiers de la classe.

Entre 1986 et 2010, la Grèce, l’Espagne et l’Irlande avaient perçu des différents dispositifs budgétaires de l’UE près de 300 milliards d’euros, un montant équivalent à trois fois le plan Marshall en monnaie courante. Or, en 2013, la Grèce est en faillite, l’Espagne sous perfusion et l’Irlande sort à peine de la plus grande crise de son histoire.

Inutile donc de se demander pourquoi Daniel Cohn-Bendit et Manuel Barroso nous sortent toujours le même argument : la construction européenne a apporté la paix ! Une affirmation bien commode certes mais qui n’en reste pas moins un mensonge historique. La paix en Europe a résulté en premier lieu de l’aversion pour la guerre de tous les peuples européens après la folie de 39-45, en second lieu de la partition du continent en deux blocs militaires intégrés, l’OTAN et le Pacte de Varsovie et enfin de l’absence de buts de guerre. Elle n’a eu strictement rien à voir avec l’UE.

Les européistes les plus convaincus rejettent la faute sur l’absence d’union politique et prônent une accélération du processus d’intégration vers le fédéralisme. C’est oublier que les peuples, qui ont bien senti que la démocratie allait leur filer entre les doigts, n’en veulent pas. Sans compter que la Flandre ne veut plus payer pour la Wallonie, ni la Catalogne pour la Castille, ni Milan pour Naples. Quand à nos voisins d’outre-Rhin, ils ne conçoivent le fédéralisme qu’à la condition totalement utopique que chaque membre soit à sa manière aussi vertueux que l’Allemagne.

La seule conclusion qui s’impose, c’est que la machine infernale de l’UE est un désastre total. Cette utopie supranationale, portée par des idéologues aveugles et maillon essentiel d’un nouvel ordre dominé par les multinationales, cette Europe-là nous tue.

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