Quand un dominicain gay-friendly perd les pédales

Professeur de Lettres
 

Dans sa thèse intitulée Amours. L’Église, les divorcés remariés, les couples homosexuels, Adriano Oliva défend les unions homosexuelles. L’idée ne brille pas par son originalité. Mais, Oliva étant dominicain, elle pouvait paraître suffisamment révolutionnaire pour lui assurer un joli coup de pub et procurer à son éditeur, le Cerf, un petit succès commercial.

Son premier argument est assez éculé, si j’ose dire. Dans une vidéo (diffusée par le Cerf), il affirme que l’acte homosexuel n’est pas un péché quand il est accompli comme « un acte d’amour unique, fidèle et gratuit ». Ainsi nappée d’une sauce prétendument chrétienne, la justification du mariage homosexuel par l’amour est encore plus indigeste. Mais elle peut en séduire certains. Ils risquent de s’étrangler en entendant la suite : « Et cela, même un homosexuel peut le réaliser. » Donc, d’après lui, l’Église doit condescendre à bénir les unions homosexuelles parce qu’après tout, « même » ces gens-là sont capables d’aimer!

Le deuxième argument est tout aussi banal : l’homosexualité est moralement bonne, puisqu’elle est naturelle aux homosexuels, inscrite dans leur âme. Pour donner à cette idée rebattue un air de nouveauté, frère Oliva est allé chercher la caution de saint Thomas d’Aquin. Et c’est là que les choses se gâtent tout à fait. En effet, saint Thomas explique que certains hommes sont portés à trouver agréables des actes qui, en principe, ne le sont pas, comme le coït avec d’autres hommes, mais aussi… le coït avec des bêtes, ou encore l’anthropophagie ! Bref, selon le raisonnement de frère Oliva, l’Église doit bénir les unions homosexuelles car l’homosexualité est aussi bonne moralement que la zoophilie ou le cannibalisme !

Et aucune association LGBT n’a encore lapidé ce faux frère qui donne aux homosexuels le baiser de Judas ?

Cette inepte et subversive perversion de la pensée de saint Thomas a poussé cinq dominicains à monter au créneau et à publier une réponse pour remettre les pendules à l’heure et frère Oliva à sa place. Leur conclusion est claire, et juste : « Dans l’ensemble, nous trouvons la lecture d’Oliva non seulement fausse mais irresponsable. »

On peut sourire des interminables précautions qu’ils prennent pour ne pas être eux-mêmes taxés d’homophobie : dix lignes pour expliquer qu’ils jugent l’homosexualité moins grave que la zoophilie ou le cannibalisme. Comme tout un chacun, bien sûr. Mais il importe de ne pas pouvoir être soupçonné de faire des amalgames. Surtout quand on est catholique.

Ces précautions sont, en fait, terriblement révélatrices d’une société qui applaudit aux mensonges lénifiants de la bien-pensance, mais s’attaque violemment à ceux qui professent des vérités dérangeantes.

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