Difficile d’être à la fois pour et contre le mariage gay… Sauf à l’UMP !

Homme politique

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

 

La politique, c’est du commerce ! Pour un grand parti comme l’UMP, l’objectif est simple : avoir le maximum de voix, le maximum d’élus, le maximum de pouvoir, le maximum de subventions… La stratégie est complexe. Elle doit tenir compte de la diversité des régions, des sensibilités, ne pas décevoir la masse des clients fidèles, mais séduire aussi ceux qui, à la marge, vont compter davantage puisqu’ils vont faire la différence, les acheteurs plus rares, mais qui font le bénéfice. Il faut aussi combler les écarts entre les dirigeants et le public. Les goûts et les opinions des mondanités parisiennes ne sont pas forcément partagés par l’Auvergne profonde, et encore moins par la Guadeloupe. Le Président peut préférer le champagne à la bière, il doit être capable de boire cette dernière avec plaisir s’il vient dans le Nord. On peut toujours essayer de changer les mentalités, mais c’est long. Alors, il faut faire le grand écart. En politique, ça s’appelle la contradiction, ou plus bêtement le mensonge : dire à Pierre des gros bataillons ce qu’il veut entendre et à Stéphane, des cercles plus raffinés, mais qui comptent davantage, ce qui lui fait plaisir.

La virtuosité de ce jeu à l’UMP est dans l’ADN de la marque. Sarkozy, Copé, Fillon, pour ne citer que ceux qui ont du poids : même combat. Les nouveaux arrivés, les Ravis de la crèche, façon Guaino, ne sont pas encore au point. Il leur reste des idées. Mauvais, en politique. Il est allé de bon cœur à la Manif pour tous. Il n’était pas seul. Copé aussi, toujours prêt à récupérer les pains au chocolat tout chauds. Marine n’y était pas. Certains y ont vu des influences lobbyesques. Mais chez Copé, c’est plus vicieux. Il faut ménager la chèvre catholique qui vote à Versailles et le chou « gay-friendly » qui règne à la télé. On dit à la chèvre qu’on est contre le mariage unisexe et elle y croit, et au chou qu’on est pour. Petit problème, Stéphane Bern, qui est drôle et en a dans le chou, rend le trucage transparent : « Pourquoi vous dites le contraire dans vos discours, de ce que vous nous dites entre la poire et le fromage ? » Alors, les chèvres qui étaient bien nombreuses dans les rues de Paris et ont fait des kilomètres en pure perte, se sentent bernées.

Lorsque l’un des fondateurs de GayLib – la vitrine « gay » de l’UMP, habilement cédée à la sous-marque UDI, plus libertaire –, revient en douce à la maison mère comme secrétaire chargé de la lutte contre l’homophobie, les chèvres découvrent, effarées, le pot aux roses. En fait, il n’y a rien de neuf. D’un côté, on dit qu’on est contre le mariage pour ne pas perdre les conservateurs, et de l’autre on lutte contre l’homophobie pour plaire au lobby si puissant dans les médias.

Sarkozy en campagne avait dit « Pas de mariage » et avait flingué publiquement un député pour « homophobie », sans le moindre fondement légal pour le faire. L’UMP ne remettra évidemment pas en cause le mariage unisexe, comme elle a entériné le PACS en améliorant ses conséquences fiscales. C’est elle, d’ailleurs, qui a ancré cette notion contestable d’« homophobie » dans la loi. Elle préférera toujours ceux qui ont été pris la main dans le pot de confiture à ceux qui ont des idées qui agacent même s’ils n’ont jamais été condamnés. La qualité du produit compte moins que son accueil sur le marché. La politique, c’est du commerce !

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