Document - Editoriaux - Histoire - Justice - Presse - 28 avril 2015

Christiane Taubira instaure la laïcité en mode « Charlie »

Face à la menace terroriste, le gouvernement réagit efficacement ! Qu’on en juge : une circulaire d’information fait état des moyens alloués à la justice, à concurrence de 181 millions d’euros (sur trois ans), et commence par cette phrase d’anthologie : « Elles s’inscrivent dans le prolongement et la consolidation du travail engagé par Christiane Taubira depuis 2012, qui s’était déjà traduit par la mise en place d’un dispositif global de lutte contre le terrorisme. » Le ton est donné, on sent que la suite ne va pas nous décevoir.

Et, en effet, la suite ne déçoit pas. Chacun sait que l’islam n’est pas un problème en France. C’est sans doute pour cela que le gouvernement annonce en premier lieu des moyens alloués à la protection judiciaire de la jeunesse :

• Organisation de stages de formation sur la laïcité (2 millions d’euros de budget !) ;
• Création de référents laïcité et citoyenneté ;
• 82 postes de psychologues et 6 éducateurs dédiés déjà recrutés pour identifier, accompagner et prendre en charge les mineurs en voie de radicalisation.

C’est beau comme un poème de Jacques Prévert. On comprend bien, en effet, qu’il faut prendre en charge les petits catholiques qui seraient tentés – polissons ! – de faire preuve de prosélytisme dans les cours d’école et de commettre toute une série de délits au nom du Christ. À moins qu’on vise, par la formation à la laïcité, à réduire le terrorisme bouddhiste en augmentation constante. Mais, comme cela ne suffit pas toujours, et que Christiane Taubira est soucieuse du bien-être des délinquants incarcérés, l’État décide aussi de s’attaquer au problème des prisons. En construisant de nouveaux établissements modernes et décents ? Non, en recrutant 60 nouveaux aumôniers musulmans, en renforçant les services pénitentiaires d’éducation et de formation grâce à « 50 binômes éducateurs-psychologues ».

Pour ceux qui ne seraient pas habitués à ces curieuses dénominations, il faut savoir qu’un éducateur, dans le jargon judiciaire, est un individu généralement issu d’une fac de psycho, plutôt cool dans son attitude et son habillement, chargé d’accompagner à intervalles réguliers les « jeunes » tentés par des activités extra-scolaires et carrément illégales. Histoire de leur apprendre à se lever le matin, et à se trouver à l’heure à un rendez-vous socio-éducatif au cours duquel on leur proposera un autre rendez-vous d’insertion : on appelle ça un stage de « mobilisation sur projet » (sic). Tous les jeunes avocats qui fréquentent les tribunaux correctionnels connaissent cette merveilleuse institution aux résultats si probants qu’on croit nécessaire de les multiplier.

Et pour faire bonne mesure, il est prévu une ligne budgétaire de 2,7 millions sur 3 ans pour former les magistrats à la laïcité.

Non, vous ne rêvez pas ! Le document émane du service de presse du ministère de la Justice. Pas de doute, on prend le problème du fondamentalisme à bras-le-corps. Dormez tranquilles, braves gens, le gouvernement agit efficacement pour convertir les musulmans à la laïcité en mode Charlie. Nous voici rassurés !

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