L’islamophobie est-elle un délit ?

Professeur agrégé et écrivain
 

En Grande-Bretagne, une association «antiraciste » Hope a, dans un rapport de 130 pages, publié la liste de tous les islamophobes (particuliers ou organisations) du Royaume-Uni, dans le but de les livrer à la vindicte publique. Si on trouve tous les adversaires habituels de l’islam (c’est de bonne guerre de les clouer au pilori), on a rajouté à cette liste les noms de musulmans dont le seul tort était de refuser d’introduire la charia dans la législation britannique et celui d’islamistes (trop) repentis. Une fidèle du Prophète, pratiquante et voilée, a été retirée de la liste au dernier moment. Elle était montrée du doigt à cause de ses positions un peu trop progressistes.

Examinons les mots : « islamophobe » signifie littéralement « qui a peur de l’islam ». Une partie (majoritaire ?) des Français serait islamophobe car, à cause de quelques déviants, cette religion fait peur à beaucoup, à tort ou à raison.

Dans le sens qui prévaut actuellement, un islamophobe est quelqu’un qui critique l’islam. Or ce n’est pas absolument puni par la loi.

En France, on a le droit de blâmer tout ou partie d’une religion et il n’existe pas de loi contre le blasphème.

On peut donc se moquer de « l’Immaculée Conception », trouver stupide le dogme de « l’infaillibilité pontificale », déclarer que la cacherout juive est une contrainte archaïque qui n’a plus de raisons d’être, que le jeûne du ramadan est trop lourd à supporter et que voiler les cheveux d’une femme est une coutume ambiguë. On a le droit de le penser, et de le dire à haute voix. Par contre, bien entendu, il est inadmissible de se moquer d’un fidèle à cause de ses croyances ou des rites qu’il respecte.

Le vrai racisme antimusulman consiste à arracher le voile à une femme dans la rue, à ne pas servir un fidèle de Mahomet dans un magasin, à lui refuser un emploi ou un logement à cause de sa religion. Ce sont des actes graves heureusement sanctionnés par la loi.

Il est temps de restreindre fortement l’usage du terme d’« islamophobe » car, encore une fois, c’est une opinion qui ne tombe pas sous le coup de la loi. On devrait parler, désormais, d’actes antimusulmans lorsqu’il s’agit de délits.

Mais l’islamophobie est le cheval de Troie des islamistes (et de leurs alliés gauchistes). Ils veulent faire passer pour raciste ce qui relève de la liberté d’expression et d’appréciation, afin de faire taire toutes les critiques même minimes contre la religion musulmane. Par petites touches, ils veulent créer une jurisprudence qui leur soit favorable.

Le combat qui vient de s’ouvrir est un combat de longue haleine mais c’est le combat de la liberté contre l’obscurantisme. Et l’exemple anglais prouve que les organisations «antiracistes » sont les pires ennemis de la démocratie.

Christian de Moliner
Professeur agrégé et écrivain

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