Libération a osé publier un appel hostile à la démocratie

Professeur agrégé et écrivain
 

Imaginez que Boulevard Voltaire (ou Le Figaro) insère dans ses colonnes un article vantant le modèle corporatiste des dictatures fascistes des années 1930 ! L’indignation serait unanime dans les rangs de la gauche ! On demanderait l’interdiction immédiate du média capable d’une telle forfaiture !

Or, Libération vient de publier l’équivalent gauchiste d’un tel article. On trouve dans son édition du 20 mars une étrange tribune intitulée « Appel au boycott de l’élection présidentielle ». Si on en croit ses auteurs, le scrutin de mai 2017 est par nature antidémocratique (sic) et, donc, plutôt que d’organiser des primaires (à gauche mais aussi à droite), le « peuple » (ne demandez pas ce que recouvre ce terme suspect) devrait se réunir et débattre longuement afin de transformer l’organisation politique et sociale du pays, et ouvrir ainsi la voie aux lendemains qui chantent. Le texte est cosigné par des comédiens, des écrivains, des professeurs, des journalistes, comme si ces professions conféraient du poids aux propos tenus.

Qu’il existe encore de nos jours des Français hostiles à la démocratie (c’est-à-dire au principe un homme ou une femme égale une voix) ne m’étonne pas ! Mais qu’un média ayant pignon sur rue puisse relayer un appel à supprimer les élections et à les remplacer par une resucée des soviets me laisse pantois !

Nous assistons à une offensive inquiétante des intellectuels de gauche. Beaucoup trop d’entre eux refusent le glissement à droite du corps électoral et la déroute probable des socialistes à la prochaine élection présidentielle. Ils rejettent la légalité des urnes et considèrent comme seules légitimes les manifestations et les opinions « bien-pensantes ».

Le problème, c’est l’écho que rencontre ce totalitarisme ! Le prochain pouvoir n’aura pas les mains libres. Même si, pendant la campagne électorale, il annonce à l’avance, sans aucune ambiguïté, les mesures qu’il compte prendre, il se retrouvera face à une contestation de grande ampleur orchestrée par les battus (à plate couture) et qui finira tôt ou tard par le paralyser ! Nous en avons un aperçu avec la loi Travail…

Si on gratte les idéaux de gauche, on trouve un refus profond de la démocratie et de l’opinion majoritaire. « Élections, piège à cons » est le slogan préféré des « bien-pensants » lorsqu’un scrutin donne un résultat contraire à leurs attentes.

Christian de Moliner
Professeur agrégé et écrivain

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