Un étudiant sud-africain veut bannir le drapeau français des campus universitaires

Professeur agrégé et écrivain
 

MeltyCampus est un site jeune (qui se veut cool et branché) et dont le but est de raconter la vie des campus du monde entier.

Sur ce site, on peut y découvrir l’information stupéfiante suivante : Ntokozo Qwabe, un étudiant sud-africain d’Oxford, vient de se lancer dans une croisade symbolique. Il veut bannir de tous les campus anglais notre bannière tricolore qu’il compare à l’emblème nazi ! Pour lui, la France s’est rendue suffisamment complice de crimes sur la scène internationale pour que notre drapeau soit interdit à jamais ! Il ajoute, après le 13 novembre (je cite ses propos sans rien changer !) : « Je refuse d’être coincé par la mobilisation suprémaciste blanche, et de croire que je dois montrer mon dégoût pour la perte des vies en France en m’identifiant avec un État qui a terrorisé pendant des années – et qui continue de le faire – des vies innocentes au nom de l’impérialisme, du colonialisme et autres violences barbares. »

Qu’on nous tue est donc normal, tellement nous sommes des salauds ! Ce racisme me laisse pantois. Désormais, il est de bon ton de l’afficher, sans aucune nuance. Et nous, les Blancs, devons raser les murs et approuver cette condamnation, tant nous sommes coupables. Peut-être devrons-nous appuyer sur le bouton adéquat de Facebook pour aider cet étudiant à gagner son – beau ou douteux ? – combat.

Mais bannir notre drapeau n’est pas la seule lubie de Ntokozo Qwabe. Il a pu entrer à Oxford grâce à une bourse de la fondation Cecil-Rhodes. Cet homme politique sud-africain (blanc) a été le chantre de l’impérialisme anglais à la fin du XIXe siècle. Il a consacré sa vie à la création d’une ligne de chemin de fer reliant Le Cap au Caire et qui ne devait traverser que des territoires britanniques. Ayant fait fortune dans les mines de diamant et d’or, il a pu financer une bourse qui s’est maintenue jusqu’à nos jours (performance remarquable). Cela n’empêche pas un bénéficiaire de ses largesses d’exiger le retrait de sa statue, qui se trouve sur le campus d’Oxford.

Un odieux colonialiste n’a pas le droit d’être honoré même si son argent, 120 ans après sa mort, permet à des étudiants noirs et pauvres de faire de brillantes études !

Cet article vous a plu ?
Cliquez sur J'aime !

Recevez gratuitement nos articles !


AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.