Les entreprises vont mieux, sauf dans le monde agricole

Professeur agrégé et écrivain
 

Le virage pro-entreprises du gouvernement de M. Hollande a eu deux effets contradictoires : permettre la victoire de M. Hamon aux primaires de la gauche et amorcer enfin un redressement économique après des années d’errance. Le mérite du Président sortant est d’avoir tenu le cap, bien que sa ténacité lui ait finalement coûté son poste, car il a divorcé de sa base électorale bien plus utopiste et totalement insensible aux réalités du marché.

Les entreprises françaises vont mieux : le nombre de faillites diminue. On sollicite beaucoup moins le fonds chargé d’indemniser les employés des entreprises défaillantes. Sur ce plan, on est revenu enfin au niveau d’avant la crise de 2008. Pourtant, un secteur n’a pas bénéficié de cet élan et continue à s’enfoncer dans un puits sans fin : l’agriculture. Dans ce domaine, la crise est multiforme et générale. Les producteurs de lait sont atteints, même s’ils ont obtenu quelques menues aumônes suite à leur vigoureuse action de l’été dernier. La viande bovine n’est toujours pas rentable. Un éleveur perd de l’argent lorsqu’il vend un bœuf. Un comble ! Les céréaliers, victimes des aléas du climat (sans lien avec le pseudo-réchauffement), ont eu une année blanche avec une récolte en forte baisse.

Les maraîchers sont également atteints.

Les redressements ou mises en liquidation ont augmenté de 4 % en 2016, après une année 2015 déjà catastrophique. La hausse est vertigineuse dans certaines régions depuis 2007. Ainsi, si on étudie plus finement la carte du désastre, on s’aperçoit que si, en Bretagne, les défaillances ont doublé en huit ans, elles sont restées égales en Nouvelle-Aquitaine. Les différences sont fortes suivant l’endroit où on se situe. Sans doute le climat, qui est local, et le type d’exploitations (porcs en Bretagne) ont-ils joué un rôle déterminant.

D’une manière générale, si, pour les cultivateurs, le rythme de disparition des fermes est resté le même en neuf ans, il explose dans l’élevage (+30 % pour le lait, +80 % pour le porc en une année). Mais 2017 sera sans doute meurtrier pour les producteurs de céréales. Ils ne survivront pas à une saison sans récoltes !

Pourtant, la baisse des charges de 1,14 milliard d’euros (400 millions de CICE, le reste de baisse de cotisations individuelles) a joué son rôle. On n’ose imaginer ce qui se serait passé sans eux !

Pourtant, l’agriculture est un atout formidable pour la France. C’est un des rares secteurs où la balance du commerce extérieur est bénéficiaire. Il faut donc préserver cet outil. Cela sera la tâche du nouveau gouvernement. Notons que si le projet de revenu universel de M. Hamon est une complète utopie, il ne serait que justice pour les malheureux paysans de notre pays.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.