15 octobre 2017

Chrétiens d’Orient : un prêtre copte assassiné

Pendant que les instances internationales alertent sur le sort des Rohingyas en Birmanie, nous récitant la tirade éculée d’un peuple musulman opprimé – après les Afghans, les Bosniaques, les Tchétchènes, dans les rangs desquels un certain nombre sont devenus de fidèles soldats du djihad à travers le monde, mais passons ! –, il apparaît que l’extermination des chrétiens d’Orient, quant à eux plutôt pacifiques, ne perturbe pas trop ces mêmes instances.

Ainsi, dans un silence plutôt assumé, les massacres se succèdent, tel celui d’un prêtre copte, le père Samaan Shehata, assassiné le jeudi 12 octobre, à El-Salam City, dans le Grand Caire, alors que l’un de ses confrères a été blessé, les deux ayant probablement été passés à tabac (source : Aleteia).

Depuis quelques années déjà, les coptes – la plus grande Église du monde arabe – subissent exactions et attentats en Égypte, motivés par un fanatisme islamique hégémonique qui se répand comme une traînée de poudre dans les pays musulmans. Fanatisme excité par des théories du complot bien commodes pour justifier cette épuration ethnique qui ne dit pas son nom : « Selon un blogueur islamiste, ce serait la réponse au “complot fomenté par les coptes” pour donner au général Al-Sissi, ministre de la défense, “mandat de tuer des musulmans” » (source : Le Monde).

Bien loin de ce fantasme d’un lobby copte tout-puissant, Christian Lochon, chargé de mission à l’Œuvre d’Orient, explique que « les actes dirigés contre les chrétiens font rarement l’objet d’enquêtes et les auteurs ne sont pas jugés. Il existe aussi des connivences entre la police et les islamistes. […] Par crainte d’une insurrection islamiste, le gouvernement ne bouge pas » (source : La Croix).

Ostracisée, la communauté copte, qui participait toutefois activement à la bonne santé économique du pays, fuit, pour les plus aisés, ou se replie sur elle-même.

Selon Victor Salama, professeur à l’université du Caire : « L’espace public est devenu musulman, et aujourd’hui on assiste à une justice à deux vitesses. […] À titre d’exemple : de jeunes coptes avaient fait une vidéo parodique de Daech, ils ont été condamnés en janvier 2016 à des peines de prison et ont dû fuir le pays » (source : La Croix).

Autant de faits qui confirment l’oppression insoutenable et injustifiée dont sont victimes les coptes – et, plus généralement, les chrétiens d’Orient –, désignés comme cible privilégiée par Daech, qui cherche à gangrener l’Égypte de son idéologie mortelle.

Mais comme cela ne concerne que des chrétiens, l’émotion sélective des bien-pensants s’en accommode. Mieux, certains d’entre eux, mus par un anticléricalisme pathologique, s’inquiètent plus des origines du drapeau européen – son créateur, Arsène Heitz, un fervent catholique, « avait tiré son inspiration de la médaille miraculeuse de la Vierge Marie » (source : Le Monde) – que du sort des chrétiens d’Orient.

En attendant, ils meurent, ces chrétiens, dans une indifférence éhontée.

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