Chirac et la pétainisation de De Gaulle

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À deux reprises, en 40-45 et dans l’affaire algérienne, de Gaulle servit à diviser les nationaux et discréditer une part de la droite.

Plus tard, une fois mort, il fut érigé en père de la patrie, chacun apportant son coup de burin à sa statue.

Cependant, Alain Peyrefitte rapporta en 1997, dans ses souvenirs, une phrase sur les Français,

« peuple européen de race blanche, de culture gréco-latine et de religion chrétienne ».

Seule la presse d’extrême droite exploita la chose alors mais, vingt ans plus tard, chacun s’y emploie, jusqu’à Nadine Morano. C’est grave. Il ne faut pas que les nauséabonds puissent se prévaloir d’une autorité positive. Aussi était-il urgent de déboulonner le Commandeur de la vieille France. De pétainiser de Gaulle, en quelque sorte, de le faire passer du mauvais côté de l’Histoire. De là quelques livres écrits pour le criminaliser. Et cet étrange et tardif mea culpa de Hollande pour le calvaire des harkis : un homme de cette gauche qui avait conduit à l’abandon de l’Algérie, traité l’armée de fasciste et ses supplétifs de collaborateurs, condamne aujourd’hui les effets de ses propres turpitudes et bat sa coulpe sur la poitrine du général défunt pour suggérer qu’il fut inhumain.

Il fallait aussi trouver un père de substitution à la France. Le rôle échoit à Jacques Chirac. L’anti-de Gaulle parfait. Distributeur de L’Huma à dix-neuf ans, approbateur du traité de Lisbonne aujourd’hui, il a commencé sa carrière sous la houlette de Charles Spinasse, qui avait voté les pleins pouvoirs au Maréchal et son septennat en reconnaissant la responsabilité de la France dans le sort des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est le porte-drapeau insouciant de la France internationaliste ; son emblème est la Corona.

Ainsi de Gaulle devient-il le père peu ragoûtant d’un reliquat de France moisie, rejoignant Pétain dans l’enfer des dieux morts et des sauveurs de la patrie démonétisés, tandis que Chirac figure le père parfait de la nouvelle France dont les ancêtres ne sont ni gaulois, ni catholiques, ni blancs, ni européens, de cette France métissée ouverte au monde. C’est ainsi que doit se comprendre l’éloge mortuaire anticipé qu’a provoqué dans notre classe politique l’hospitalisation de Jacques Chirac, agaçant Bernadette. Et c’est ainsi qu’Allah est toujours un peu plus grand.

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