Entretien

Isabelle Surply : Chez nous, on ne parle pas aux femmes, me dit-il !

Mère de famille.
 

Que s’est-il passé mercredi, sur le marché de Saint-Chamond ?

Ce mardi, comme bien souvent sur le marché de Saint-Chamond, dans la Loire, une partie de mon équipe et moi-même sommes allés à la rencontre des Couramiauds sous un soleil éclatant. Détail essentiel à l’histoire, un caméraman privé professionnel nous suivait toute la journée pour réaliser mon clip de campagne pour les élections législatives, car je suis candidate sur cette circonscription (pour le FN). Soudain, un exposant du marché prend à partie L., un de mes militants. Je tends l’oreille et je l’entends dire : « Casse-toi, on veut pas de vous, ici, dégage avec ton tract. » Je m’arrête, me retourne et lui demande de rester poli. Et le bougre de 110 kg de me répondre : « Je vous parle pas, à vous ! Chez nous, on ne parle pas aux femmes ! »
Chez lui ? Mais où habite-t-il, ce pauvre homme ? De quoi parle-t-il ? 
Je lui demande alors pourquoi et lui fais remarquer que son attitude est très raciste ! 
Il me répond : « Je ne suis pas raciste, je suis féministe. » 
Le pauvre, il ne sait même pas ce qu’il dit…

Bien évidemment, je lui ai expliqué que j’étais ici chez moi et que je faisais bien ce que je voulais. Ce n’est quand même pas un raciste anti-français qui va me dicter ma conduite… 

Je vous épargne le reste de son déferlement de haine mêlant indécence et provocation : « Moi, j’ai les allocs, la CAF et la Sécu, j’en profite à fond et je t’emmerde ! », suivi de rires gras et autres noms d’oiseaux. J’ai mis le holà très vite, lui signifiant que j’étais une élue et une femme, et que je ne l’autorisais pas à me traiter de la sorte.
Un vrai amoureux transi de notre mère patrie et de son peuple, je vous dis. 
Vous remarquerez que le caméraman a pris soin de laisser ce gueulard francophobe hors champ caméra afin d’éviter toutes représailles judiciaires (ou physiques) pour droit à l’image.

Ce genre d’incident arrive-t-il fréquemment ? 

Malheureusement, ces dernières années, le climat de la vallée s’est largement détérioré, laissant la place à un communautarisme de plus en plus visible… et pas d’appareil judiciaire assez efficace pour contrer cela. Ici, mêmes les lois de la République ne sont plus appliquées.

Il y a peu de temps – témoins à l’appui -, d’autres Couramiauds du même acabit m’ont gentiment envoyée promener, me rétorquant toute honte bue qu’ils « n’avaient pas la nationalité française et qu’ils ne comptaient pas la demander parce qu’ils n’avaient aucune envie de devenir français ». Et de rajouter : « Foutez-nous la paix, on est très bien comme ça ! »
Grosse ambiance.
D’autres fois, on me lance d’aller « me faire voiler » et encore, il y a quelques mois, j’ai eu encore droit au : « Déso, je ne sers pas la main aux femmes, c’est contre ma religion. » Soupir. (Bon sang, ils ont un vrai souci avec la gent féminine, c’est pénible, à la fin.)

Un jour, avec mon équipe, une femme accoutrée vraisemblablement d’un jilbab (vêtement recouvrant tout le corps sans couvrir le visage) s’est approchée de nous et a interpellé le candidat de la première circonscription pour savoir si nous étions racistes. Simultanément à sa question, elle a ramené un large pan de tissu violet pour cacher son nez et sa bouche pour ne plus laisser paraître que les yeux. 
Sympathique. 
Nous avons évidemment précisé avec sarcasme que nous n’étions pas contagieux. Mais le grand homme barbu, en robe grise derrière, coiffé du machin musulman, n’a pas trouvé ça drôle et a pressé sa femme de mettre fin à la conversation. 

Des histoires comme ça, j’en aurais des dizaines à vous raconter…

Comment les gens autour de vous ont-il réagi ?

Quand j’ai haussé le ton pour calmer les ardeurs de notre néo-patriote (!), une atmosphère de malaise s’est installée. Personne, à ma connaissance, n’a pris ma défense, c’était plutôt « sauve qui peut, ça chauffe ».
D’autres exposants, goguenards, manifestaient franchement leur soutien à mon agresseur de par leurs gesticulations.

Il y a un côté frustrant dans cette vidéo, qui retranscrit finalement assez mal la violence de la situation car ce ne sont que des images saisies au vol, mais je peux vous dire que, sur place, je suis montée en pression à en trembler. J’avais mon bébé avec moi, et j’ai d’abord pensé à lui, me disant qu’il ne fallait pas que je commette une quelconque imprudence. Je ne l’emmènerai plus… Car oui, j’avais peur, pardi. Ils font peur. Vous verriez la dégaine patibulaire de certains.

En revanche, cela m’a mobilisée de plus belle dans mon combat contre l’islamisation de la France, car c’est bien de cela dont il s’agit, cessons de nous cacher derrière notre petit doigt : cet homme ne parlait pas de pays en évoquant son « Chez nous », mais bien de sa communauté, de l’Oumma. Pour lui, je ne suis qu’une mécréante… 

Ce qui s’est passé ne peut pas être rangé dans le coin des anecdotes, c’est un incident extrêmement grave et annonciateur de lendemains qui déchantent. Et l’attitude générale trahit une soumission évidente. Ils vont prendre le dessus si personne ne réagit. Il ne faudra pas dire que personne n’avait prévenu.
Qu’à cela ne tienne, je recroiserai sûrement cet homme et, à ce moment-là, je lui demanderai de me présenter des excuses.

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