Charognards

Chez Libé, on s’acharne sur les morts

Étudiant
 

Vingt ans après sa mort, pas de répit, la curée continue. Chez Libération, pour la date anniversaire de la mort de Lady Diana, pas question de respecter la défunte, l’occasion est trop belle de se payer une ex-tête couronnée !

C’est un certain Robert MacLiam Wilson, écrivain nord-irlandais, qui répand sa bile dans le journal d’extrême gauche ultra-subventionné. L’auteur accable la princesse de Galles et l’érige en parangon du néant. Pour lui, en effet, la jeune femme n’était qu’une sotte, obnubilée par son image, profitant de son mariage pour pallier sa bêtise et utilisant la communication autour de son divorce pour se faire mousser.

S’il est vrai que Lady Di ne fut pas un modèle de vertu, l’auteur semble oublier trop facilement qu’elle a mis une partie de sa notoriété au service de causes bonnes et justes. Il est trop facile de tout balayer d’un revers de la main.

Mais cet article révèle un phénomène plus grave que le simple manque de respect dû à une personne décédée.

Le général Lee, Colbert, Lincoln, Lady Diana… Autant de personnages qui ont marqué l’Histoire jusqu’à devenir des symboles. Ils sont entrés dans la postérité avec leurs défauts et leurs charismes.

Une minorité de nos contemporains, persuadée d’être pure, s’est lancée depuis quelque temps dans une immense chasse aux sorcières. Incapables de contextualiser, ils jugent le passé avec leurs yeux de modernes. Ils découvrent, effarés, que nos aïeux n’avaient pas la même perception que nous des événements. Qu’ils ont pu commettre des erreurs. Dans une rage destructrice, plutôt que d’effectuer un travail de compréhension, ils suppriment toute référence au passé. Ils voient dans ce déferlement de violence une étape purificatoire qui les protégerait d’une rechute dans les travers de l’humanité. Comme si effacer toute référence à l’esclavage pouvait permettre de ne plus jamais voir cette pratique barbare resurgir.

Effacer la mémoire pour se protéger, c’est typique de la politique de l’autruche. Pourtant, s’empêcher de voir arriver le danger n’empêche pas qu’il survienne !

L’abdication de la pensée est dévastatrice. La horde de ceux qui sont gouvernés par le pathos s’accroît de jour en jour. Irraisonnable, elle gagne forcément. En face, il n’y a pas d’arme possible. Les arguments sont systématiquement rejetés. Pour une grande partie de nos contemporains, il est trop tard. Penser le contraire, c’est fauter par un optimisme mal placé. L’absence d’enseignement de l’histoire et de la philosophie à l’école devait produire fatalement ce genre de résultats.

Cependant, pour les générations à venir, nous avons le devoir de continuer à œuvrer au service de la vérité. Nous ne devons pas subir l’anéantissement de notre histoire parce que nous savons ce qu’elle a apporté à chacun d’entre nous. Chacun à son échelle doit se battre pour sauvegarder les figures qui illustrent notre passé. Quand elles disparaissent, elles entraînent un peu de notre identité dans la tombe.

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