Catholiques « identitaires » : et s’ils étaient seulement indépendants ?


Directeur de cabinet de la Mairie d'Orange

 

Le mot est glissé avec une certaine angoisse : « Ils préparent autre chose, d’encore plus gros… » C’est un sujet de conciliabules, de secrets mal gardés. La chasse aux déviants, aux « identitaires », ne serait pas terminée, à peine entamée par un ouvrage médiocre et une campagne parisienne. Alors tout ce que le monde associatif et politique compte de militants ciblés se prépare, perdant un temps considérable à se protéger plutôt qu’à œuvrer au bien commun.

Mais d’où vient cette nouvelle division au cœur de la communauté des croyants ? Pourquoi les catholiques devraient-ils rejouer les mauvaises scènes d’une théâtrocratie qu’ils devraient combattre ? Jeunes esprits et ces esprits demeurés vifs ne comprennent plus pourquoi ils n’auraient pas le droit de passer de Marion Maréchal-Le Pen à Jean-Frédéric Poisson, de Valérie Boyer à Jacques Bompard sans risquer les procès en déraison et autres calomnies. Comme si une équipe paniquée s’ingéniait à les convaincre qu’une barrière politique abattue revenait à une impiété. Comme si notre foi nous obligeait à la crédulité et nos engagements à la vassalité.

Des pratiques d’un autre temps disparaissent et leurs propagateurs regardent, désespérés, l’émancipation d’une opinion qui ne voudra pas s’y laisser reprendre. Elle n’a ni mouvement ni candidat ni futur électoral proche. Elle ne possède que son indépendance. C’est d’ailleurs ce qui dérange le plus : les fidèles sont passés du panurgisme à l’entrepreneuriat militant, de la discipline partisane à la défense communautaire de leurs convictions. Ils s’associent, reçoivent des soutiens financiers, s’engagent, se voient, discutent.

Ils ne communient ni au frontisme aveuglé ni au fillonisme révélé. Ils sont nombreux et se battent pour des raisons diverses mais savent s’unir quand le péril guette.

C’est vrai qu’ils n’ont que mépris, mais pour les experts en fiches. Pas non plus inexact qu’ils s’opposent à l’immigration de masse, à l’européisme béat et à la marchandisation du monde. Ajoutons également que les tribunes demi-habiles de clercs s’arrogeant l’Index ne les impressionnent pas beaucoup. C’est le tort de savoir assez de latin pour connaître la racine de « prochain » et d’analyser assez l’opinion pour savoir que l’insécurité culturelle et l’ensauvagement forment désormais la première de nos périphéries.

Les rejetons de l’enfouissement craignent pour la prestance sociale du catholicisme. Leurs victimes craignent de voir leur nation disparaître et leur société finir de se dissoudre. Ils sont innocents de tous crimes de l’Histoire récente. Alors, ils attendent la prochaine campagne de calomnies mêlant réseaux de pouvoir, journaux tombés en désuétude et rapprochements fallacieux. Ils savent qu’ils n’auront ni écoute ni pardon ni justice.

En somme, il leur est reproché de ne pas vouloir se rallier à ceux qui échouent. Et de connaître la belle phrase de Thierry Maulnier : « Le vrai problème n’est pas de demander aux Français de faire abstraction dans l’étude des problèmes politiques des considérations idéologiques, il est de leur donner une France telle que ces considérations puissent disparaître. »

Directeur de cabinet de la Mairie d'Orange

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