Cette fois, il y est : avec l’Indiana, Trump décroche l’investiture !

La démocratie ploutocratique de Hillary Clinton – laquelle ressemble de plus en plus à celle de madame Ceaușescu redistribuant la brioche – se trouve confrontée à deux menaces : l’agit-prop de Sanders qui, avec 52,5 % des voix dans l’Indiana, poursuit son travail de sape, mais aussi l’émergence de la société concrète, carte maîtresse jouée par Trump.

Avec 53,5 %, amassant 51 des 53 délégués en jeu, Trump devient, selon Reince Priebus, patron du Parti républicain, le « candidat présumé à la nomination… il faut [donc] s’unir [derrière lui] pour battre Hillary Clinton ». En attendant la convention républicaine. Onde de choc sur les ondes de CNN.

Cruz met sa campagne en suspens, planifiant son avenir, avec 546 délégués à négocier…

Excellent dans le jeu politicard, le pharisien Cruz a été pris à son propre piège : celui de l’idéologie. Tentant de vendre, la Bible au bout des lèvres, une version protestante de l’islamisme radical, il n’a eu de cesse d’attaquer l’impureté « non conservatrice » de Trump, tout en orchestrant de multiples sales coups. Il n’a pas vu la société concrète. Trump, oui. Exit Cruz.

Pour une fois, c’est Robespierre qui part avant Danton : les Américains se moquent aujourd’hui de cette pureté idéologique républicaine complice de la dévastation industrielle, des systèmes d’immigration surréalistes, des expérimentations de déconstruction culturelle, des radotages bellicistes qui coûtent une fortune au Trésor public, de l’endettement incontrôlé qui détruit la souveraineté nationale, et du danger, perçu comme principal : celui de la haine islamiste. Tout ça pour quoi? Pour servir le capitalisme des copains (« crony capitalism »).

Et c’est ici que Trump devient dangereux… pour Clinton, partie prenante du système.

Sa guerre féroce avec Cruz a en effet servi de galop d’essai à Donald Trump, qui lui aussi sait faire de la basse politique. On cherchait à lui bâtir une histoire à la Polanski (détournement présumé d’une mineure en 1994). À titre préventif, ses amis du National Enquirer de New York repiquent un reportage non confirmé du Miami Herald montrant plusieurs photos de Lee Harvey Oswald en compagnie présumée du pasteur Rafael Cruz (le père de Ted Cruz). Vrai ou faux, peu importe : Cruz est sur la défensive le jour même de l’élection.

Trump avance en tenaille. D’un côté, il isole le #NeverTrump en ralliant ceux de l’establishment qui vont à la soupe, pressés de le voir organiser les campagnes de financement du parti (comme des parlementaires). De l’autre, il invente un nouveau fonds de commerce, les « trumpocrats » (démocrates pro-Trump), seuls garants d’un succès présidentiel républicain. Sans oublier les transfuges de Sanders…

Mot de Newt Gingrich, ancien Speaker : Il est le seul candidat de toute une génération qui soit capable de démanteler la gauche. » Un peu de travail sur la droite ne serait pas de trop non plus, selon la chroniqueuse de CNN Sarah Elizabeth Cupp, républicaine hostile à Trump : « Avant, on disait qu’on ne pouvait pas ignorer la base. Maintenant, il faut se dire que c’est seulement la base qui compte ! »

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