Discours - Editoriaux - Médias - Presse - 10 novembre 2017

C’est Sarkozy « le parrain », et c’est Carla qui le dit !

Tandis qu’Emmanuel Macron et son épouse s’invitent chez les rois du pétrole pour l’inauguration du Louvre Abou Dhabi, Nicolas Sarkozy s’en va visiter la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz. Des japonaiseries : « Japan-ness » et « Japanorama ». Sûrement pas sa tasse de thé vert, mais que ne ferait-on pas pour revenir sur le devant de la scène ?

Passé le pensum sur l’architecture nippone, l’ex se rendra à Nancy pour une cérémonie « privée ». Si si, c’est présenté comme cela. Le but, grandiose : remettre la Légion d’honneur à Valérie Debord, vice-présidente Les Républicains de la région Grand Est. À l’hôtel de ville, en présence du maire et de ses 500 invités. C’est privé, on vous dit… Sinon…

Sont donc mobilisés pour l’occasion le ban et l’arrière-ban du gratin républicano-lorrain, ainsi que la presse avide de recueillir la divine parole sarkozyste pour la transmettre à la France en haleine. Parce qu’il va faire un discours, papa, forcément. Nous délivrer la quintessence de sa pensée, la hauteur de ses vues et la finesse transcendantale de ses analyses sur ce qu’il faudrait faire pour sortir le pays des ornières où il s’enlise – comprenez : tout ce que lui-même n’a pas fait.

Et c’est ce délicieux moment d’intimité que choisit Carla Bruni-Sarkozy pour distiller ses confidences. Elle assure ainsi, dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera, que « le nouveau gouvernement et le nouveau Président sont proches de [s]on mari ».

Elle aime bien parler, madame Sarkozy ; et elle en dit, des choses, quand elle ne susurre pas dans un micro. Par exemple qu’ils ont une vie sexuelle torride, Nicolas et elle, parce qu’elle lui fait « des petites surprises ». On est bien content pour eux. C’est vrai, ça, « faut entretenir le désir », comme elle dit. Et c’est là qu’on voit que les Sarkozy sont de bon conseil. La preuve, Macron et son gouvernement « lui demandent [à Nicolas] des conseils comme on le fait à des parrains ».

C’est touchant. Quoique… dans la bouche d’une Italienne, je me demande si le mot « parrain » est bien le plus judicieux. D’autant que « Corleone » est le petit nom de Sarkozy… et pas seulement pour rimer avec le Napoleone de Macron…

S’il est vrai que les Sarkozy et les Macron se fréquentent, il n’est pas sûr, cependant, que la parole du Président déchu impressionne d’autres que lui-même. Certes, tout le monde (et surtout Les Républicains en déroute) se doit de défiler au 77, rue de Miromesnil, à Paris, pour lui embrasser les babouches – « la règle est implicite », disent les amis –, mais à entendre leurs commentaires, l’ex parle surtout de sa petite personne.

Ce dont il ne parle pas, en revanche, et que tous – médias compris – se gardent bien de lui rappeler, c’est sa responsabilité dans le bourbier d’un Proche-Orient à feu et à sang. En ce jour anniversaire des attentats des terrasses et du Bataclan, il serait bon, pourtant, d’évoquer la catastrophe libyenne à laquelle son « chef de guerre » Bernard Henri-Lévy et lui-même ont tant contribué et sur laquelle prospèrent aujourd’hui tous les mouvements du terrorisme djihadiste.

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