Editoriaux - Médias - People - Politique - Télévision - 24 janvier 2019

C’est qu’ils arriveraient presque à nous rendre Cyril Hanouna sympathique…

Cyril Hanouna, ou celui dont tout le monde parle, même si certains refusent désormais de le recevoir, tel le maire de Vannes, par exemple ; ville où l’amuseur entendait organiser le Festival de la vanne. Ce dernier se serait tenu à Montcuq, imaginons qu’il aurait sûrement dégoté une rime tout aussi riche. Précisons, encore, que cette annonce a été lancée avant que la municipalité n’ait été mise au courant de l’initiative ; d’où le courroux légitime de l’édile en question, qui a sèchement répondu : « Cette initiative ne nous semble par opportune. La ville ne souhaite, en conséquence, ni être associée, ni accueillir cet événement. »

Une mauvaise humeur qui paraît également gagner les lecteurs de Ouest-France, quotidien dont la rédaction a organisé une sorte de référendum d’initiative citoyenne sur la pertinence de telles festivités. Le résultat est sans appel : 68 % sont manifestement rétifs à l’humour de Cyril Hanouna. Un pourcentage probablement destiné à enfler, au vu de la polémique qui n’en finit pas d’agiter le microcosme politico-médiatique, relative à la venue de la secrétaire d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, dans l’émission « Touche pas à mon poste », animée par le même Hanouna.

Une fois l’effet de sidération passé, le zigomar tient pourtant à préciser que c’est elle, et non point lui, qui est à l’origine de la rencontre, ce, par voie de SMS : « Voilà Cyril, il y a le Grand débat national qui va s’ouvrir, est-ce qu’il serait possible de faire une émission chez vous dans laquelle je rencontrerais des Français, des Gilets jaunes… » Et de se défendre en ces termes : « Je suis assez surprise de voir que pendant des mois on a reproché au gouvernement d’avoir une forme de mépris, de laisser de côté une partie de la population et que lorsqu’il y a une initiative comme celle-là, qui vise à ramener ces centaines de milliers de personnes dans le débat public, on se gausse. » Voilà, en tout cas, qui est assez révélateur de l’estime dans laquelle ce gouvernement tient les hérauts de la majorité silencieuse.

Dans le même temps, notre consœur Élisabeth Lévy, patronne du mensuel Causeur, tweete, en substance et non sans malice ni raison, que ceux qui critiquent aujourd’hui Marlène Schiappa sont aussi « les premiers à se ruer chez Laurent Ruquier »

En effet, Cyril Hanouna, c’est de l’humour pouêt-pouêt et tagada, avec plat de nouilles dans le slip à l’appui. Rien de neuf sous le soleil : Jean Gabin a bien démarré sa carrière comme comique troupier au début du siècle dernier. On conçoit sans peine que ces premiers pas dans le music-hall ne devaient sentir la pâquerette que de loin. Mais que dire du même Laurent Ruquier, si ce n’est qu’il se vautre dans une semblable vulgarité, le vernis culturel en plus, comme naguère incarné, entre autres intellectuels de choc, par Christine Angot ?

Hanouna, lui, au moins, n’a pas de prétentions intellectuelles et se contente d’assurer un spectacle au mauvais goût revendiqué. Il en faut probablement pour tout le monde. Ruquier, tout au contraire, se veut prescripteur de tendances et arbitre des bonnes mœurs démocratiques. C’est toute la différence. D’ailleurs, le premier est régulièrement pointé du doigt pour ses « dérapages », « sexistes ou « homophobes » ; ce qui est plutôt bon signe en cette époque de puritanisme et d’ordre moral. Le second, en revanche, ne risque pas grand-chose à systématiquement pisser dans le sens du vent.

Le gouvernement parviendra-t-il à presque nous rendre Cyril Hanouna sympathique ? Nous n’en sommes pas loin. Ces gens font décidément preuve d’un incroyable talent.

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