Entretien - blocage universités

Samuel Lafont : « Encore une fois, c’est de la subversion de gauche - on met le bazar, on cherche la répression »


Conférencier / spécialiste en communication digitale

 

Vendredi matin, des étudiants opposés à la réforme de l’université ont bloqué le centre d’examens d’Arcueil, empêchant les étudiants de Nanterre non grévistes d’effectuer leurs partiels. Des cheminots et des postiers grévistes, ainsi que le député de La France insoumise Éric Coquerel, étaient présents pour soutenir l’action des bloqueurs. Les examens ont dû être annulés.
Réaction de Samuel Lafont au micro de Boulevard Voltaire.

Que s’est-il passé ce matin à Arcueil ?

L’université de Nanterre était bloquée par des militants, dont certains seulement étaient étudiants. Les étudiants étaient donc contraints à aller passer leurs examens ailleurs. Les étudiants en Droit ont dû se rendre à Arcueil.
Ils se sont retrouvés face à une dizaine de bloqueurs de gauche et d’extrême gauche. Il y avait des cheminots, des facteurs et quelques étudiants. Face à eux, il y avait plus d’un millier d’étudiants souhaitant passer leur examen. Par conséquent, leur stratégie était de créer le plus de trouble possible pour que les policiers surveillent davantage l’entrée des étudiants, retardant de fait le début de l’examen. C’est une technique de subversion classique de l’extrême gauche. Une fois que les épreuves ne peuvent pas commencer à l’heure, ceux-là mêmes qui ont créé les troubles se plaignent des mauvaises conditions de l’examen pour le faire annuler.
Le président de l’université a confirmé qu’il y aurait des examens sous une autre forme, avec des devoirs à la maison ou des devoirs en temps limité sur internet. En revanche, il sera difficile de repasser les examens en présentiel.

On a l’impression qu’il y a de moins en moins de blocages, mais qu’ils sont de plus en plus violents. Vous confirmez ?

Il y a en effet moins de blocages. Les blocages les plus longs ont duré deux mois, sans jamais avoir le soutien de la population étudiante. Il s’agit en fait d’une extrême minorité qui n’a jamais réussi à rallier les étudiants. L’UNEF rappelle à chaque reportage télévisé qu’il y a des centaines d’étudiants mobilisés. Je rappelle qu’il y a 2,6 millions d’étudiants en France. Des centaines contre des millions. C’est donc un échec. Cela ne concerne que les plus radicaux.
Ce matin s’est passé quelque chose de tout à fait atypique qui à mon sens marquera à vie ce type de mouvements de gauche dans les universités. Lorsque les étudiants sont sortis de la salle d’examen, ces quelques étudiants, cheminots et postiers les ont invectivés et ont essayé de les humilier. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi violent, et la vidéo que nous avons publiée le montre bien.

Le député de la France insoumise Éric Coquerel était présent avec les bloqueurs. Il s’est plaint de s’être fait gazer par les forces de l’ordre. Pensez-vous qu’il était dans son rôle de parlementaire ?

Eric Coquerel était là pour faire de la récupération politique de bas étage. Il a inhalé un peu de gaz lacrymogène et il a pris quelques coups de la part des policiers alors qu’il était au milieu de la foule. Il prétend avoir été particulièrement visé par un policier qui a essayé de lui viser l’œil. Il est dans la victimisation grotesque. Il est ridicule.
De nouveau, c’est la subversion de gauche. Cela consiste comme d’habitude à embêter tout le monde, à faire monter la pression avec les forces de l’ordre en les traitant d’assassins et de fachos, à insulter les étudiants qui voulaient étudier, et à se plaindre d’être dans un État policier lorsqu’un minimum d’ordre est tenté d’être remis en place. Pourtant ce matin, il n’y a pas eu d’ordre puisque les examens n’ont pas pu avoir lieu. C’est tellement grotesque que de moins en moins de Français veulent bien y croire.

Conférencier / spécialiste en communication digitale

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